Gabon : le PDG sanctionne ses cadres qui se sont opposés à la loi sur la dépénalisation de l’homosexualité

Le chef de l'Etat du Gabon, Ali Bongo Ondimba

Le 23 juin dernier, une modification du Code pénal gabonais de juillet 2019 portant dépénalisation de l’homosexualité a été votée par la Chambre basse du Parlement gabonais et entérinée quelques jours plus tard par le Sénat. Mais durant toute la procédure, ce projet de loi proposé par le Gouvernement n’a pas rencontré l’assentiment de tous les cadres (sénateurs et députés) du parti au pouvoir, le PDG. Ce 1er août, la Commission permanente de discipline du parti a pris des sanctions à l’encontre de ces cadres.

25 cadres du Parti démocratique gabonais (PDG), parti au pouvoir depuis plus de cinq décennies, viennent de recevoir des mises en demeure et des avertissements avec inscription au dossier. C’est à travers une annonce faite par Cyriaque Mvourandjiami, le président de la Commission permanente de discipline du PDG, qui s’exprimait, hier, en ces termes : « Fort de ce qui précède, la Commission permanente de discipline du Parti démocratique gabonais invite l’ensemble des cadres de notre formation politique occupant les postes, à quelque niveau que ce soit, au sein du gouvernement de la République, du Parlement ou dans toutes autres institutions et administrations, à prendre conscience du poids de leurs responsabilités et à faire preuve d’exemplarité et de cohésion. Exhorte l’ensemble de camarades militants à un retour aux fondamentaux, car le Parti démocratique gabonais reste une organisation régie par des textes réglementaires et qu’à ce titre, il ne saurait être question d’y instaurer un climat d’indiscipline ».

En réalité, le parti leur reproche, pour certains, le vote contre la loi portant dépénalisation de l’homosexualité, et à d’autres, l’abstention au moment du vote. Au nombre des cadres sanctionnés, des piliers du régime : Léonard Andjembé, le vice-président du Sénat, Idriss Ngari, Léandre Nzué, Malika Bongo Ondimba, la fille aînée d’Ali Bongo. Même le Premier ministre Julien Nkoghé Bekalé, porteur de la réforme, n’a pas été épargné. Sa gestion du processus ayant conduit à l’adoption de la loi lui a été reprochée. En effet, Julien Nkoghé Bekalé a été critiqué pour n’avoir pas organisé en son temps des concertations au sein des groupes parlementaires du parti, tant au niveau de la Chambre basse qu’au niveau du Sénat, ni vulgarisé suffisamment la réforme pour édifier l’opinion. Son limogeage, peu de temps après l’adoption de la réforme pourrait être interprétée comme la sanction suprême, même si son départ animait les débats depuis plusieurs semaines.