Gabon: le parquet de Libreville s’insurge contre la remise en liberté de Félix Bongo

Le procureur de la République, Bosco Alaba Fall, s’est insurgé en fin de semaine dernière contre la décision de la cour d’appel de Versailles de remettre en liberté de l’homme d’affaire gabonais Félix Bongo, interpelé le 31 mars dernier à Paris dans le cadre de l’affaire dite  »des fourgons blindés ».

Notre correspondant au Gabon

Les autorités judiciaires gabonaises ont vivement dénoncé la remise en liberté de Félix Bongo, frappé pourtant d’un mandat d’arrêt international  »pour instigation de faux en écriture privée de banque et pour corruption active ». Elles avaient demandé son extradition et ne comprend l’attitude de mépris affiché par leurs homologues de la France.

 »Le parquet de la République de Libreville s’insurge contre cette attitude de mépris et de condescendance des autorités françaises qui en fonction de leurs intérêts font des manipulations et des interprétations à géométrie variable de la convention qui nous lie en matière d’extradition », a déclaré le procureur de la République dans un communiqué officiel.

Il estime que la justice française a manqué à son devoir d’entraide judiciaire qui lie les 2 pays depuis 1963 et a rappelé que le Gabon a toujours pour sa part accompli ce devoir, en extradant les citoyens français qui se sont réfugiés dans le territoire gabonais après avoir commis des impairs en France.  »Compte tenu du précédent créé par les autorités françaises, le parquet de la République de Libreville, sauf retour du respect strict des termes de la convention se réserve le droit d’appliquer dorénavant la réprocité à toutes les demandes ultérieures de la France », a averti Bosco Alaba Fall.

Félix Bongo est le fils de Martin Bongo, cousin du chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Ondimba et ancien ministre des Affaires étrangères.