Gabon-France : ils s’aiment toujours autant

Le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba s’est pour la première fois entretenu avec son homologue français Nicolas Sarkozy ce vendredi. Les relations franco-africaines seront approfondies et rénovées. La fin de la « Françafrique » serait-elle donc programmée ?

Le président Ali Bongo Ondimba a rencontré ce vendredi le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy. C’est la première visite officielle du nouveau chef d’Etat gabonais depuis son élection controversée d’août dernier. Ali Bongo et Nicolas Sarkozy ont affirmé « leur volonté partagée de continuer à approfondir la coopération entre les deux pays tout en poursuivant la rénovation de cette relation », selon l’Elysée.

Le soutien supposé de Paris à la candidature d’Omar Bongo, plusieurs fois démenti, n’a pas eu raison des relations étroites qui lient la France à son emblématique ami de la « Françafrique ». « La France, par rapport aux élections gabonaises, a eu une attitude exemplaire », déclarera Ali Bongo Ondimba. « Je serais tenté de dire pauvre France », ajoutera-t-il sur un ton amusé, « lorsqu’elle ne s’ingère pas assez on râle, lorsqu’elle s’ingère on râle, quelle que soit l’attitude des autorités françaises, vous aurez toujours quelqu’un pour râler ».

Renouveler les relations ou perpétuer la « Françafrique ?

L’enquête sur les biens mal acquis, qui mettaient en cause feu Omar Bongo Ondimba et sa famille et qui a été interrompue par une décision de la cour d’appel de Paris en octobre, n’aura pas eu non plus d’incidence sur l’amitié franco-gabonaise durant la présidence de Bongo père. Interrogé à ce propos, le fils répondra : « Au plus haut niveau, il n’a jamais été question de pomme de discorde ».

Pour l’heure, Paris et Libreville préfèrent jouer la carte du mystère quant à l’avenir de leurs relations bilatérales qu’ils souhaitent « renforcer ». « Bientôt, lorsque nous nous serons mis d’accord, vous aurez l’information », a affirmé le président gabonais à propos de la renégociation des accords de coopération militaire entre les deux pays.

Renouveau certes, mais quel renouveau ? Ce n’est certainement par celui qu’attend l’ancien candidat à la présidentielle, l’opposant gabonais Bruno Ben Moubamba. « L’heure est venue d’inaugurer un nouveau cycle de relations entre la France et l’Afrique qui sera basé sur la démocratie réelle et la bonne gouvernance », a-t-il plaidé ce vendredi. Pour lui, la rencontre entre les présidents français et gabonais ne fait que perpétuer la « Françafrique ».