Gabon : 60 ans après l’indépendance, Jean Ping dresse un bilan alarmant sur le plan démocratique

Jean Ping, opposant gabonais

A l’occasion du 60e anniversaire de l’accession du Gabon à la souveraineté internationale, l’opposant Jean Ping peint un tableau sombre sur le plan du respect des droits de l’Homme. Dans un message lancé ce 16 août au peuple gabonais, l’ancien président de la Commission de l’Union Africaine s’est indigné après l’arrestation des opposants ainsi que la restriction de la liberté d’opinion. 

« Arrestation des opposants, non-respect de la liberté d’expression ainsi qu’un climat sombre », c’est par ces mots que le leader de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) a dressé un bilan alarmant à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance du Gabon. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le candidat au scrutin présidentiel de 2016 a appelé le peuple gabonais au patriotisme en vue de mettre fin aux anti-valeurs qui ralentissent le développement de ce pays.

« Les soixante ans de l’accession à l’indépendance du Gabon, sont célébrés dans des circonstances nationales, d’une rare gravité depuis 2016 et dans un contexte international d’incertitude. Il est clair que l’ensemble de la Nation s’interroge sur son destin », ajoutant que « nous avons eu devant nous la pire répression de notre histoire qui vaut encore des arrestations, y compris ces jours-ci, notamment des jeunes comme Consty Meyong M’ondo et Gerald Agaya. La même répression aveugle et sans cœur qui maintient, depuis quatre, le Député Bertrand Zibi Abeghe et d’autres compatriotes en prison », a-t-il déclaré.

« Le peuple gabonais voit bien à quel point le pays est balloté »

Pour lui, après avoir contraint plusieurs gabonais à l’exil, le régime en place se tourne désormais vers les milieux religieux. « La même répression aveugle qui contraint des filles et fils en exil. La même répression qui n’épargne aucun secteur, comme le milieu religieux gabonais vient d’en faire l’amère expérience, suite aux nouvelles dispositions du Code Pénal qui violent la liberté du culte ».

Pour Jean Ping, le peuple gabonais doit prendre son destin en main, en dénonçant ces maux qui rongent son pays. « Le peuple gabonais voit bien à quel point le pays est balloté, sans boussole et soumis à un grand moment de détresse. Le peuple gabonais peut dire au bout de ce long combat qu’il a imposé au régime, aujourd’hui usé : tout a une fin. Tout a une fin. Et cette fin a été inlassablement préparée pour que le Gabon revive ; pour que le Gabon se régénère ; pour que le Gabon renaisse », a-t-il ajouté.

Pour rappel, le 60e anniversaire de l’accession du Gabon à la souveraineté internationale est célébré dans la méditation suite à la présence de la pandémie du Coronavirus dans ce pays d’Afrique Centrale.