Froid à Dakar : les vendeurs de friperie se frottent les mains


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Vendeur de friperie à Dakar
Vendeur de friperie à Dakar

Le froid s’installe doucement à Dakar, à l’image de toutes les régions du Sénégal. En cette période l’année au pays de la Téranga, c’est la ruée sur les friperies communément appelées « feugue-diaye ». Ces habits d’occasion, qui viennent généralement d’Europe ou des Etats-Unis, se vendent aujourd’hui comme des petits pains, dans une ambiance folklorique, le long de la route du Front de Terre, dans la capitale sénégalaise. C’est la grand-messe des vendeurs de friperies, qui se frottent désormais les mains.

La saison froide dure environ 5 mois au Sénégal, de décembre à mai, avec une température quotidienne moyenne maximale inférieure à 26°C. Le mois le plus froid de l’année à Dakar est généralement février, avec une température moyenne minimale de 15°C et maximale de 25°C, selon les estimations des services de météorologie. Mais, la population se plaint déjà de la fraîcheur qui s’abat sur la capitale sénégalaise et c’est la ruée sur les friperies, qui sont les seules voies du salut pour les petites bourses. Les vendeurs de « feugue-diaye » (secouer et vendre) se frottent ainsi les mains et ce n’est pas Cheikh Gningue qui dira le contraire.

FriperieExposant ses marchandises le long du canal situé sur les allées du Front de Terre, Cheikh Gningue, le sourire aux lèvres, cède ses jaquettes et autres manteaux entre 500 et 1 000 FCFA. C’est d’ailleurs le moins cher du coin, ce qui lui permet de vendre plus que les autres. Il peut gagner entre 100 et 200 000 FCFA par jour, cela dépend toujours de sa clientèle. « Avant le froid, personne n’achète quasiment les habits lourds. Dès lors, je change d’activité, notamment en faisant un petit commerce de divers objets. Je ne vends donc pas de la friperie. C’est durant la période de froid que je m’investis dans ce secteur, chaque année. Je tente de vendre moins cher par rapport aux autres, en vendant plus. Comme vous pouvez le constater, les prix varient entre 500 et 1 000 FCFA, alors que les autres vous demanderont entre 2 500 et 4 000 FCFA pour une jaquette. Un montant qui n’est pas à la portée de toutes les bourses », estime Cheikh Gningue.

Vendeur de friperie« Je ne peux pas vous dire exactement le nombre de jaquettes que je vends dans la journée, mais je peux gagner jusqu’à 100 000, voire 200 000 FCFA. C’est le début du froid, vous voyez comment les clients sont nombreux. Au fur et à mesure que le froid s’installe, le prix des jaquettes grimpe également », lance-t-il, avec un petit sourire, tout en rendant la monnaie à un client. « Ce sont des manteaux de qualité qu’il vend et à un prix accessible quasiment à tout le monde. Certains de ces habits n’ont jamais été portés et gardent toujours leurs étiquettes », a fait savoir Ousmane Faye, un client très satisfait de sa nouvelle trouvaille dans les « feugue-diaye ».

Vendeuse de couverture et autres couettes, Khady Baba Diaw estime que, de son côté, les choses n’ont pas commencé à bouger. Pour l’heure, elle arrive difficilement à vendre ne serait-ce deux couvertures par jour. Trouvée assise face à la grande porte de l’école Notre Dame de Liban, à Dakar, elle a avoué n’avoir rien vendu toute la journée de ce mardi 7 décembre. « Pour le moment, les gens n’ont pas encore commencé à acheter les couvertures lourdes, je suppose que c’est parce qu’ils n’ont pas d’argent. Mais, je pense qu’on est également au début du froid et j’espère que les clients vont finir par venir chercher de quoi se couvrir une fois au lit », espère-t-elle, ajoutant qu’elle vend ses couvertures à 5 000 FCFA l’unité.

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