Francophonie : Hollande provoque l’ire de Kinshasa

François Hollande a rappelé ce mardi 9 octobre aux autorités congolaises son opposition à l’action politique du président Joseph Kabila. A quelques jours du Sommet de la Francophonie, organisé du 12 au 14 octobre à Kinshasa (RDC), le président français a jugé « tout à fait inacceptable » la situation du pays. L’occupant actuel de l’Elysée a prévu de rencontrer le 13 octobre le candidat déchu à l’élection présidentielle congolaise, Etienne Tshisekedi.

François Hollande durcit le ton contre la République Démocratique du Congo (RDC). A quelques jours du coup d’envoi du Sommet de la Francophonie, organisé du 12 au 14 octobre à Kinshasa, la capitale de la RDC, le président français a fait entendre son opposition à l’action politique du président Joseph Kabila.

« La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l’opposition », a dénoncé François Hollande en compagnie du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors d’une conférence de presse commune, tenue ce 9 octobre à l’Elysée.

Pourtant, le président français ne remet pas en cause sa participation au Sommet de la Francophonie. Son programme a même été rendu public la semaine dernière. L’occupant actuel de l’Elysée a prévu un séjour expéditif vendredi 12 à Dakar, la capitale sénégalaise, pour rencontrer le président Macky Sall. Avant de s’envoler dans la nuit pour la capitale congolaise, où il devra rencontrer Joseph Kabila à la présidence.

Ce voyage est éminemment politique. François Hollande a prévu de rencontrer le 13 octobre le candidat déchu à l’élection présidentielle congolaise, Etienne Tshisekedi. « Le principe d’un tête-à-tête est acquis », signale le parti l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a-t-on appris de la presse locale. L’occupant actuel de l’Elysée se rendra, en outre, à la résidence de l’ambassadeur de France pour discuter avec les ONG et les autres opposants politiques.

Kinshasa réplique

Les ONG et associations de défense des droits de l’Homme accusent la RDC de violations de la démocratie et de divers crimes impunis.

Afrik TV a rencontré Roger Lumbala à Paris. Selon lui, le président congolais révise la Constitution pour garder le pouvoir à vie. Ce député de l’opposition s’est exilé à Paris car le pouvoir de Joseph Kabila l’accuse de « liens avec la rébellion du M23 » ainsi que de vouloir le renverser. Ce qu’il dément fermement et d’accuser à son tour le Président congolais d’éliminer tous ses opposants : Jean-Pierre Bemba, Etienne Tshisekedi, lui-même, etc.

Le gouvernement de Kinshasa a toujours nié ces accusations. Et, il vient de répliquer aux propos du président François Hollande qui, selon un porte-parole, ne correspondent à « aucune réalité ». Et de préciser : « Je voudrais d’abord insister sur le fait que c’est au peuple congolais d’accepter ou ne pas accepter une situation au Congo ».

Le Sommet aura lieu

Malgré cette polémique, Abdou Diouf, Président de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), plaide en faveur du maintien du Sommet de la Francophonie.

« Ce que je constate : une partie de l’opposition veut ce sommet, une grande partie de la société civile veut ce sommet, une grande partie des défenseurs des droits de l’Homme veulent ce sommet. Pour des raisons évidentes d’utilité politique. Pour tirer la RDC vers le haut », a-t-il déclaré.

Les opposants à la politique du président Joseph Kabila, notamment le parti (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, comptent promouvoir à l’occasion des revendications concernant les accusations de fraude lors de l’élection présidentielle, les atteintes permanentes aux droits de l’Homme, les violences et autres dérives qui ont lieu dans le pays.

François Hollande participera donc à un Sommet de la Francophonie mouvementé. Après son discours de 7 minutes le samedi 13 octobre, le président français rendra visite aux Français qui résident en RDC avant de s’envoler dans la nuit pour Paris.