Foire du Livre à Dakar : Cheikh Hamidou Kane boussole de la 18e FILDAK


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Cheikh Hamidou Kane illustration
Cheikh Hamidou Kane illustration

Le Sénégal vibre au rythme de la Foire du Livre et du Matériel didactique. Occasion pour la ministre sénégalaise de la Culture, Mame Coumba Diop, d’orchestrer une série de distinctions officielles, ce vendredi lors de la 18ème édition de la FILDAK. Cette cérémonie, organisée au CICES jusqu’au 19 octobre, matérialise la volonté du gouvernement de refonder le secteur éditorial national.

Le comité scientifique de la foire a attribué sept attestations de reconnaissance pour saluer la constance des professionnels du secteur. Parmi les lauréats figurent des pionnières comme Annette Mbaye d’Erneville et Marie Aïssatou Diop Wane, héritière de la prestigieuse maison Présence Africaine. Cette sélection intègre aussi l’éditeur guinéen Sansy Kaba Diakité et le commissaire ivoirien Anges Félix N’Dakri.

L’émergence d’une nouvelle élite adoubée par l’État

La remise des prix littéraires au sein de la salle Alioune Diop confirme cette transition entre les générations d’écrivains. L’inspecteur des Impôts Saliou Diop Cissé a décroché le Prix Aminata Sow Fall pour son roman intitulé « Verdict », tandis que le Prix Amadou Makhtar Mbow récompensait l’étudiant El Hadj Insa Lo. Trois grandes figures de l’intelligentsia ont été introduites dans l’Ordre national du Mérite.

Le philosophe Abdoulaye Élimane Kane et la romancière Ken Bugul ont reçu leurs insignes aux côtés de l’enseignant Mamadou Fati Cissé, promoteur de l’apprentissage arabo-islamique à Louga. L’allocution de Ken Bugul, centrée sur le personnage de Samba Diallo issu de « L’Aventure ambiguë », a servi de passerelle philosophique entre le passé et le présent. La romancière a mis en exergue le concept de discernement indispensable pour naviguer entre la tradition africaine et la modernité occidentale.

Le testament politique de Cheikh Hamidou Kane comme boussole

La commémoration nationale dédiée à Cheikh Hamidou Kane, décédé le 3 octobre dernier à l’âge de 98 ans, a scellé cette journée institutionnelle. La ministre a exprimé la gratitude officielle de la Nation devant la famille du patriarche des lettres africaines. L’hommage a rappelé que l’auteur était également un grand serviteur de l’État, ayant dirigé le ministère du Plan et de la Coopération sous la présidence d’Abdou Diouf avant de se retirer volontairement de la scène politique en 1988.

Pour cette première participation à la FILDAK, l’Université de Touba, initiée par Serigne Mountakha, expose l’héritage intellectuel et arabo-islamique de Cheikh Ahmadou Bamba. Au stand, également visité par le Premier ministre Al Amine Lo, Mor Ndome présente une diversité d’ouvrages biographiques et littéraires. L’objectif est de sortir ces écrits en langue arabe de leur cercle de diffusion habituel. La traduction en français et l’internationalisation de ces œuvres visent avant tout la transmission de ce patrimoine et la valorisation des auteurs mourides.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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