Fima : l’économie sur les podiums

La grande fête de la mode débute le 25 octobre au Niger. Une trentaine de créateurs africains et d’ailleurs participeront à cette septième édition qui se focalisera sur les vertus économiques de l’industrie de la création et sa contribution au développement.

Le Festival international de la mode africaine (Fima) ouvrira ses portes ce dimanche à Niamey, au Niger. La septième édition est un concentré de grandes premières et d’économie. Premier Salon international de la Haute-Couture et du prêt-à-porter africains, réaffirmation du pouvoir économique de l’industrie de la création et coup d’envoi de la construction de l’Ecole supérieure de la mode et des Arts, une future institution panafricaine, marqueront ce nouveau rendez-vous du style et de la création. « L’entrepreneuriat culturel peut sortir l’Afrique de la pauvreté », martèle Alphadi, le président-fondateur du festival panafricain. « Le Fima insistera particulièrement cette année sur l’entrepreneuriat afin que nos jeunes comprennent qu’ils peuvent travailler, créer leurs propres emplois dans leur pays au lieu de mourir en mer. Et cela en s’inspirant des exemples de réussite comme Malamine Koné (créateur de la ligne de sportswear Airness), le parrain de ce Fima », estime-t-il. Un colloque réunissant une variété d’acteurs économiques donnera aux jeunes Nigériens l’occasion de se rendre compte des opportunités professionnelles que le secteur de la création peut leur offrir.

Convaincre les jeunes de se tourner vers les métiers de la mode

Le Fima mettra également sur les rails la première école panafricaine de mode, un projet que porte Alphadi depuis plusieurs années. « J’ai voulu que ce projet, en faveur de l’intégration sous-régionale, puisse voir le jour au Niger ». La première école panafricaine de la mode, du design et de la création artistique accueillera quelque 150 étudiants. Autre grande première : le salon international du prêt-à-porter. « Nous allons à Paris, à Bruxelles, à Milan ou à New York pour rencontrer des acheteurs potentiels. Pourquoi n’y aurait-il pas un marché du prêt-à-porter en Afrique, pourquoi ces derniers ne viendraient-ils pas à nous pour découvrir notre travail et notre savoir-faire ? », s’insurge Alphadi. Les propriétaires des boutiques à Abidjan, Dakar ou à Cotonou vont s’approvisionner à l’étranger, souligne le créateur. « On ne voit jamais de créations africaines dans leurs magasins. Les vêtements viennent de Chine ou de Dubaï. Il faut qu’on puisse enfin trouver chez eux du Colle Sow Ardo, du Pathé’o… » Alphadi milite aussi, à travers le Fima, pour une industrie de la mode qui se diversifie : parfumerie, maroquinerie, cosmétiques. Une démarche qu’il a expérimentée en se lançant dans les deux premiers secteurs d’activité. Les cosmétiques seront la prochaine étape à franchir pour le styliste.

La septième édition, celle de la maturité d’un festival qui fête ses 10 ans d’existence, présentera les mille facettes d’une industrie marginalisée par les pouvoirs publics africains. Plus d’un millier de festivaliers est attendu ainsi que plusieurs autres milliers de visiteurs qui se réuniront autour de la musique lors d’un grand concert avec, entre autres la diva malienne Amy Koita et les stars du coupé-décalé. Les trois finalistes de la troisième édition du concours jeunes créateurs, organisé en partenariat avec Culturesfrance, opérateur culturel du ministère français des Affaires étrangères, seront connus à Niamey après le défilé Haute-Couture « L’Afrique est à la mode » des dix sélectionnés sur le thème de la transition. De nouveaux stylistes, mais aussi de nouveaux top-models auquel un concours est également consacré. Le clou du festival, La Grande nuit du Fima, rassemblera une trentaine de stylistes africains et internationaux. « Le Fima est une belle fête de la création, de l’unité, de l’intégration africaine, de la paix au Niger et dans le monde, car sans elle, rien ne va », souligne Alphadi. Des hommages au mannequin Katoucha, à la chanteuse Miriam Makeba ou encore au roi de la pop Michael Jackson émailleront ce Fima 2009 qui se veut, selon son président, le catalyseur d’une « Afrique de la culture au service du développement ».

 Le site du Fima