Fête de l’Internet : le feu de brousse a pris


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Globe terrestre
Vue satellite du globe terrestre

La fête internationale de l’Internet, que l’Afrique s’apprête aussi à célébrer du 2 au 4 mars, est née en France d’une initiative associative. Fort de son succès, l’événement a acquis, depuis l’année dernière, une dimension internationale. Interview des initiateurs du mouvement.

1997 : Université de Hourtin (France). Le premier ministre, Lionel Jospin, déplore la non mobilisation des Français sur Internet. En réponse, des associations se fédèrent pour former, la même année, l’Association pour la fête de l’Internet (AFI). L’objectif : organiser une grande fête nationale du Web. Mais, petit à petit, l’Europe et les pays latins, séduits par l’initiative, se l’approprient. Trois ans plus tard, la fête est mondiale. L’année dernière, elle a même rassemblé plus de cinquante pays. Pour Eve Moreau de l’AFI : il s’agit de fédérer les différentes actions pour leur offrir une visibilité médiatique et créer un réseau entre tous les acteurs. Philippe, un des quatre responsables bénévoles pour le site international, explique la dimension militante de son travail.

Afrik.com : Quel est votre rôle dans la fête de l’Internet ?

Eve Moreau : Il faut préciser que si la Fête de l’Internet est désormais mondiale, l’AFI travaille uniquement au niveau de la France. Nous n’avons pas un rôle d’initiateur d’événements. Nous avons plutôt un rôle de recensement et d’accompagnement des différentes actions menées sur le territoire. Nous leur offrons également une certaine visibilité médiatique qu’il leur serait difficile d’avoir autrement. Et puis, il y a la volonté de créer un réseau de partenaires et de compétences que chacun peut et pourra utiliser.

Philippe : Notre rôle est d’interconnecter les différents projets. Nous sommes un point d’eau, où chacun peut verser et peut boire. Pour le site, nous sommes tous bénévoles. Notre investissement est purement militant et philosophique, nous sommes un peu comme des tisserands. Les anglo-saxons ont bien une manifestation similaire, les NetDays, mais on ne peut pas dire que nous soyons concurrents. Ce n’est pas la même philosophie. Il s’agit chez eux d’une vitrine de promotion pour les grosses boîtes.

Afrik : Comment expliquez-vous le succès de la Fête de l’Internet ?

E.M : Il y a deux ans, nous avons voulu élargir le concept, le sortir d’un contexte hexagonal. Et puis, peu à peu, c’est un peu venu comme tout seul. L’événement a pris en Europe, puis dans les pays hispanophones et en Afrique. Chacun s’est approprié la fête, lui a donné les formes adaptées à sa situation, jusqu’à ce qu’elle devienne véritablement mondiale, depuis l’année dernière.

Philippe : Vu que notre budget est de zéro franc, zéro centime, tout passe forcément par le bouche à oreille. C’est un feu de brousse qui a pris et qui maintenant brûle tout seul. Ce qui est une bonne chose. Il faut que la Fête existe sans nous. Et qu’elle se propage partout.

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