Festival de Cannes : la touche africaine de la 66e

Un Tchadien en compétition pour la 66e édition du Festival de Cannes qui s’est ouvert ce mercredi. Mahamat-Saleh Haroun et ses acteurs monteront les marches dans une semaine pour présenter Grisgris. Comme un signe d’encouragement, le premier court d’Ousmane Sembène, Borom Sarret, sera projeté à Cannes Classics.

Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann, avec Leonardo DiCaprio, ouvre la 66e édition du Festival de Cannes ce mercredi. Vingt films sont en compétition officielle. Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, une histoire de vampires dont l’un des décors n’est autre que Tanger, est le dernier film entré en compétition. On y retrouvera entre autres, La Vie d’Adèle – Chapitre 1 & 2 du franco-tunisien Abdellatif Kechiche et l’unique représentant officiel du continent, Grisgris du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun. Arrivera-t-il à faire quelque impression sur le jury très éclectique présidé par le réalisateur américain Steven Spielberg ? A ses côtés, l’actrice indienne Vidya Balan qui incarne une industrie – Bollywood – dont le festival célèbre le centenaire. La cinéaste japonaise Naomi Kawase, la comédienne australienne Nicole Kidman, la réalisatrice britannique Lynne Ramsay, les acteurs Daniel Auteuil (France) et Christoph Waltz (Autriche) et les réalisateurs Ang Lee (Taïwan) et Cristian Mungiu (Roumanie) sont les autres jurés de la 66e édition du Festival de Cannes.

Dans la sélection officielle, on retrouvera aussi l’Afrique du côté des Séances spéciales avec le réalisateur Mohamed Hamidi et son film Né quelque part. Ce retour aux sources en terre algérienne est l’occasion de retrouver Jamel Debbouze sur les écrans cannois. Dans cette section, Stephen Frears présentera aussi son Muhammad Ali’s greatest fight. Le film revient sur la bataille légale et la saisine de la Cour suprême après le refus de Mohamed Ali de s’engager au Vietnam. Egalement projeté en séance spéciale, Bombay Talkies. Cet hommage au cinéma indien rassemble quatre courtes histoires réalisées par quatre cinéastes. Une mise en perspective d’un septième art qui a rarement eu les honneurs de la compétition cannoise.

Revoir Borom Sarret

Une parenthèse africaine est également ouverte à Cannes Classics avec l’oeuvre d’un cinéaste qui fut l’un des plus grands ambassadeurs du continent sur la Croisette. Borom Sarret d’Ousmane Sembène (1963), son premier court, est présenté par la World Cinema Foundation dont l’objectif est de restaurer des films originaires de pays qui se trouvent dans l’incapacité de le faire.

Quasiment absents de la sélection officielle et des sessions parallèles (Quinzaine des réalisateurs et Semaine de la critique), les cinéastes africains sont cependant promus par Le Pavillon des cinémas du monde, lieu de résidence de La Fabrique des cinémas du monde qui permet de découvrir de nouveaux talents. Cette année, ils seront parrainés par le réalisateur haïtien Raoul Peck, membre du jury du Festival de Cannes l’année dernière. Parmi eux, Mohammed Latrèche (Avant de Partir, Algérie), Michel K. Zongo (La Sirène de Faso Fani, Burkina Faso), Pierre Lucson Bellegarde (Carmen, Haïti), Wanuri Kahiu (Jambula Tree, Kenya et Afrique du Sud) et Joel Karekezi (The Mercy Of The Jungle, Rwanda).