Femmes je vous aime

Femmes d’Afrique, je vous aime. Votre courage me fascine, et votre condition me désespère.

J’ai passé avec vous des semaines au fil desquelles j’ai découvert l’Afrique par vos yeux. J’ai vu la vie des campagnes reculées d’Afrique noire, où, enfants sur le dos vous partez aux champs au petit matin. J’ai vu les marchés et les pagnes fleuris. J’ai vu les mortes en couches et les petites filles pleurer de devenir des femmes. J’ai vu la détermination et l’obstination de celles qui ont choisi d’être indépendantes. J’ai vu des femmes entrer en politique, et j’ai vu des hommes les applaudir. J’ai vu les voiles et les tabous.

Ce furent des rencontres virtuelles bien sûr, par écran interposé, ou au détour d’une liaison téléphonique hasardeuse. Les lignes étaient brouillées, mais pas les échanges. Fortes, passionnées, combatives et lucides : voilà ce que vous êtes. Et je tiens à la généralité. Du Maroc à l’Afrique du Sud, de l’Egypte au Sénégal, vous gagnez lentement une liberté et un respect qui vous sont dus, mais que trop souvent l’on bafoue.

Les cas changent bien sûr en même temps que les paysages de ce vaste continent. Immense, il l’est à la mesure de vos ressources. Je crois en vous parce que vous m’avez étonnée. Au delà des guerres, des traumatismes, de la vie ingrate, vous réussissez à vous tenir droites.  » Après le sang et les larmes, nos femmes sont encore les plus belles «  écrivait Emmanuel Dongala. Mais ça, c’est une évidence.