Faure Gnassingbé démissionne de la présidence mais reste candidat

Faure Gnassingbé, fils de Eyadema et actuel président auto-investi du Togo vient d’annoncer, ce vendredi soir, qu’il « renonçait » à la présidence du pays. Il cède ainsi aux demandes et aux sanctions de la communauté internationale qui entendaient faire respecter la constitution togolaise, mais il a dans le même temps maintenu sa candidature à l’élection présidentielle.

C’est dans une allocution diffusée à la télévision nationale togolaise que Faure Gnassingbé, fils de l’ancien président Eyadema, a annoncé son départ de la présidence. « Afin de garantir la transparence de cette élection, son équité, et de donner les mêmes chances à tous les candidats, j’ai décidé de renoncer au poste de président de l’Assemblée nationale assurant provisoirement les fonctions de président de la République », a-t-il déclaré. Dans le même temps, Faure Gnassingbé a annoncé qu’il serait le candidat officiel du parti au pouvoir, le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) dont il vient d’être nommé président.

La communauté internationale et l’opposition maintiennent la pression

Cette annonce fait suite à 20 jours de pression de la communauté internationale, et en particulier de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui avait pris des sanctions à l’encontre du régime de Lomé pour le contraindre à un retour à la légalité constitutionnelle. Cette démission est un premier pas, reste maintenant à définir qui va assurer l’intérim à la présidence du pays dans l’attente des élections qui doivent se tenir dans moins de deux mois. « Il appartiendra à la représentation nationale d’élire son nouveau président pour exercer provisoirement les fonctions de Président de la République », a-t-il poursuivi. Ce poste, qui aurait dû être occupé après le décès de Eyadema par Fambaré Natchaba Ouattara, alors président l’Assemblée nationale. Selon la Constitution initiale.

De grandes marches de contestation contre le régime sont prévues ce samedi. Organisées conjointement par les six grands partis de l’opposition, elles seront l’occasion d’une nouvelle démonstration de force en vue des futures élections, mais elles seront sans doute plus joyeuses que les précédentes, un nouveau pas étant fait dans le processus de démocratisation du pays.