Faible utilisation du préservatif au Kenya

Le nombre de nouveaux séropositifs a fortement augmenté entre 2006 et 2007, passant d’une prévalence de 6,7% à 7,4%. En cause, le port encore trop peu fréquent du préservatif. Pour éviter que l’épidémie devienne ingérable, le premier ministre Raila Odinga a appelé à redoubler les efforts de prévention.

Au Kenya, les nouvelles infections au VIH/SIDA connaissent une forte croissance, due en grande partie au fait que moins de 20 pour cent des adultes utilisent les préservatifs régulièrement, alors que plus de 25 millions de Kenyans ne connaissent pas leur statut sérologique.

Une nouvelle étude gouvernementale, dévoilée mardi, révèle que la prévalence du VIH/SIDA est montée en flèche, de 6,7 pour cent en 2006 à 7,4 pour cent en 2007, même si le gouvernement a enregistré des progrès notables en matière d’accès aux services de traitement.

Il ressort de cette étude que, dans un pays où ce ne sont pas les préservatifs qui manquent, les adultes kenyans n’utilisent guère ce moyen de protection. Environ la moitié des adultes interrogés n’ont jamais utilisé de préservatif dans leur vie.

Moins de 20 pour cent des adultes affirment utiliser un préservatif lors de relations sexuelles avec un partenaire dont ils ignorent le statut VIH.

Le Premier ministre Raila Odinga a estimé que les efforts de son pays pour freiner la propagation du VIH/SIDA pourraient échouer à moins de mettre la priorité sur les mesures de prévention par rapport au traitement.

« Permettez-moi de dire franchement que nous ne pouvons privilégier le traitement pour vaincre cette épidémie. La seule manière de renverser cette épidémie est de favoriser la prévention », a déclaré le Premier ministre.

Quelque 1,4 million de Kenyans âgés de 15 à 64 ans vivent avec le VIH, ce qui correspond à un taux de prévalence de 7,4 pour cent de la population.

Cette étude considère les femmes comme le groupe le plus affecté sur le plan national. Trois femmes sur cinq seraient affectées.

Toutefois, l’étude montre qu’en milieu rural, les hommes sont les plus affectés par la pandémie, tandis qu’une légère baisse des taux de prévalence est constatée en zone urbaine.

« L’important est que cette étude révèle que nous devons redoubler nos efforts de prévention des nouvelles infections », a observé M. Odinga, ajoutant que l’amélioration continue de l’accès aux soins et au traitement est absolument essentielle.

Le Premier ministre kenyan a déploré le fait que pour deux personnes placées sous traitement, cinq sont nouvellement infectées par le VIH.

« Par conséquent, à moins d’agir maintenant, les queues pour accéder au traitement vont s’allonger et il sera plus difficile de réaliser un accès presque universel à la prévention contre le VIH, au traitement, aux soins et au soutien pour lesquels nous nous sommes engagés », a-t-il ajouté.

Cette étude se montre critique à l’égard des efforts du Kenya pour enrayer la propagation de cette pandémie, en notant que le niveau des nouvelles infections restait le même pour la tranche d’âge des 15-49 ans depuis 2003.

Elle découvre également un autre phénomène surprenant dans le domaine de la recherche sur le VIH, à savoir que près de la moitié des personnes mariées vivant avec la maladie avait un partenaire qui n’était pas vraiment séropositif, ce qui amène à des interrogations sur la transmission de la maladie.

Elle a également confirmé que la circoncision masculine réduisait effectivement la propagation du VIH.

Cette dernière étude vient confirmer à ce titre une précédente menée en 2003, qui avait révélé que les taux d’infection au VIH étaient trois fois supérieurs chez les hommes non circoncis que chez ceux qui le sont.