Mare Nostrum : 20 000 migrants sauvés depuis octobre

Plus de 4 000 migrants ont été secourus en 48 heures au large des côtes italiennes, et environ 20 000 depuis le mois d’octobre. Une situation qui alarme de plus en plus les pouvoirs publics italiens.

« Les débarquements ne s’arrêtent pas et l’urgence est de plus en plus criante ». Angelino Alfano, le ministre de l’Intérieur italien, fait face à l’évidence mercredi, au micro de la radio Rai Uno. L’Italie subit de plein fouet une recrudescence de la pression migratoire ces dernières semaines. Et les moyens de l’opération Mare Nostrum ne sont plus suffisants. 4 000 migrants secourus au large de l’Italie depuis le début de la semaine. 15 000 depuis le début de l’année. 18 456 entre le lancement de l’opération en octobre, et le 10 avril. Et selon lui, « entre 300 000 et 600 000 migrants » qui seraient prêts à embarquer depuis la Libye pour atteindre l’Europe. Des chiffres en nette hausse.

Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur italien déplore le manque d’engagement de l’Union Européenne : « L’Europe doit prendre en main la situation. Elle ne peut pas dire que, en ayant donné 80 millions à Frontex (l’agence de surveillance des frontières européennes), elle a résolu le problème ».

Si ces derniers mois, la majorité des drames ont été évités, c’est grâce à l’engagement de la péninsule italienne et à son opération Mare Nostrum. Plus aucun naufragé, des milliers de vies sauvées, et des dizaines de passeurs arrêtés. Mare Nostrum semble fonctionner. Mise en place après la tragédie de Lampedusa en octobre 2013, elle vise à porter secours aux réfugiés en détresse, alors qu’ils tentent de gagner l’Europe par la mer.
« Depuis le lancement de l’opération, il n’y a pas eu un seul naufragé », s’est ainsi félicité jeudi l’amiral Giuseppe De Giorgi, chef de la Marine italienne. Mais le succès de l’opération n’est pas sans influer sur le budget du pays. « L’opération nous coûte environ neuf millions d’euros par mois, entièrement financés sur le budget de la Défense. Pour y faire face, j’ai coupé les manœuvres militaires d’entraînement », a ainsi expliqué l’amiral à l’AFP.

Par ailleurs, Mare Nostrum ne fait pas que des adeptes. L’opération a été lourdement critiquée par les partis de la droite italienne, pour qui elle encouragerait l’immigration clandestine. Des allégations dont se défend le chef de la Marine italienne. « Il n’y a pas davantage d’immigrés, il y a simplement moins de morts », s’est il justifié auprès de l’AFP. Une affirmation qui semble corroborée au regard des statistiques de l’immigration, la brusque hausse du nombre d’immigrés ayant commencé en mai 2013, et non avec les débuts de l’opération. Une hausse de +244%, qui serait due, selon l’AFP, plus à des phénomènes de société et géopolitiques, comme la situation en Syrie, qu’à la mise en place de Mare Nostrum.