Fabius veut aider l’Afrique à libéraliser son économie

En marge du sommet du G7, le ministre des Finances français plaide pour une aide au crédit afin de compenser les pertes liées aux réajustements structurels. Aide aux crédits contre ajustements structurels : tel est le nouveau plan français pour soutenir les pays africains qui mèneraient les réformes de libéralisation préconisées par le Fonds Monétaire International (FMI).

Au cours d’une conférence de presse à la veille de la réunion du Comité monétaire et financier international du FMI, qui s’est tenue dimanche en marge du sommet des sept pays les plus industrialisés de la planète, le ministre français des Finances, Laurent Fabius, a plaidé pour une facilité de crédit destinée à compenser les pertes des pays africains qui baissent leurs barrières douanières. Il n’a toutefois pas révélé les détails de cette mesure. Une ouverture que le ministre des Finances a voulu limitée en soulignant que c’est à chaque pays de « faire le maximum » pour assurer la croissance des économies nationales.

Baisse du pétrole contre investissements

De façon très sibylline, la France a également laissé entendre que ces facilités de crédit pourraient être assorties d’une baisse des prix du pétrole, en appelant à une discussion avec les pays producteurs afin de stabiliser les cours « entre 20 et 25 dollars », contre 28 actuellement. Une position qui reste en deçà de celle des pays producteurs favorables à une stabilisation des prix, comme l’Algérie, qui considèrent le taux de 25 dollars comme le taquet le plus bas d’une fourchette allant de 25 à 30dollars le baril.  » Il y a un ralentissement de la croissance et si les prix sont trop élevés cela pourrait constituer un obstacle pour la consommation, la demande et l’investissement » a argué Laurent Fabius. Manière de dire également : « pétrole trop cher, pas d’investissement chez-vous ». Reste à savoir si les pays producteurs qui ont vu leur économie sortir du tunnel avec la hausse des cours, ont entamé les remboursements de la dette publique et accru leur pouvoir d’achat (en biens d’équipement notamment) en Europe, l’entendront de cette oreille. Un bon tiens vaut mieux que deux tu l’auras.