Expulsés de Cachan : un accord a été signé

Les expulsés de Cachan ont enfin accepté d’être relogés sous les auspices de l’association France Terre d’Asile suite aux négociations qui se sont déroulées dans la nuit de mercredi à jeudi. Une médiation assurée par les présidents de la Licra et de SOS Racisme avait été ouverte mercredi par le gouvernement.

L’association France Terre d’Asile a annoncé ce matin qu’un « protocole d’accord » a été trouvé afin de reloger les anciens squatteurs du bâtiment F de Cachan qui sont actuellement hébergés au gymnase Belle Image de la ville. Selon le protocole, France Terre d’Asile mettra à disposition des expulsés 76 places au centre de transit de Créteil, 44 places en hôtel dans le département du Val-de-Marne, 20 places en hébergement d’urgence à Stains et 18 places à Boissy-Saint-Léger dans le dispositif Sonacotra. Selon Pierre Henry, le directeur de France Terre d’Asile joint au téléphone, le protocole rentrera en vigueur « dès que nous aurons finalisé les listes, demain ou après-demain ». Les anciens squatteurs « entre 270 et 300 personnes », a-t-il poursuivi, devraient quitter le gymnase dans « les 48 ou 72 heures ». M. Henry a tenu à saluer « les délégués de Cachan (qui) ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités » dans la conduite de ces négociations.

Le cas des sans-papiers sera réexaminé

« C’est bien, moi je trouve que c’est normal. Ça va aller », affirme, à propos du protocole, un ancien squatteur sans-papier d’origine ivoirienne. Le texte prévoit pour les personnes en situation irrégulière, dont le nombre exact est encore inconnu, un réexamen de leur dossier par le ministère de l’Intérieur. « Les familles et personnes présentes », mentionne-t-il, bénéficieront « de l’accompagnement spécialisé et de la protection qu’offre traditionnellement France Terre d’Asile aux personnes qui lui sont confiées ». Leurs dossiers seront présentés par l’association devant la direction des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur « en collaboration avec » SOS Racisme et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Les deux organisations, présidées respectivement par Patrick Gaubert et Dominique Sopo, dont la médiation dans l’affaire des expulsés de Cachan a été annoncée, mercredi, par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.

Ce même jour Danièle Mitterrand, l’épouse du défunt Président français, avait interpellé Jacques Chirac. Et Dominique Villepin, le Premier ministre, avait assuré que le gouvernement s’emploierait à trouver une solution rapidement. C’est maintenant chose faite. Ce qui devrait mettre fin au calvaire des six grévistes de la faim de Cachan, dont deux sont hospitalisés depuis lundi, et qui sont tous dans un état critique. Les anciens squatteurs de Cachan avaient été délogés le 17 août dernier du plus important squat de France. Près de trois cents d’entre eux ont trouvé refuge le lendemain au gymnase Belle Image de la ville, mis à leur disposition par le député-maire socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec. Jusqu’à cette nuit, ils avaient refusé toutes les solutions d’hébergement que leur avait proposées la préfecture du Val-de-Marne qui n’envisageait de reloger que les personnes en situation régulière.