Exactions et exécutions ciblées en Côte d’Ivoire

Je suis saisi d’appels téléphoniques concordants venus d’Abidjan faisant état de massacres et d’exécutions ciblées de personnalités ivoiriennes et de ressortissants proches du camp politique du Président Laurent Gbagbo.

Il est question des assassinats (hormis celui connu du Ministre Désiré Tagro) et des disparitions inexpliquées d’anciens ministres et collaborateurs du Président sortant, ainsi que de contrôles d’identité sur une base ethnique. Dans les régions forestières du Sud, des villages sont brûlés et des autochtones chassés avec une optique de (re)peuplement. De même, les maisons libérées à Abidjan sont pillées et occupées par les membres des milices des forces des ex-rebelles.

J’ai sollicité Amnesty International pour que cette organisation attire l’attention de l’équipe du Président Alassane Ouattara sur ces crimes et disparitions. Ci-joint les derniers communiqués diffusés par Amnesty International.

Je propose également que les forces de l’ONUCI réhabilitent au plus tôt les commissariats de proximité pour y installer les gendarmes des Nations Unies, afin de faire revenir la paix et la sécurité, et d’éviter ainsi la poursuite des assassinats ciblés (ethniques et politiques), en particulier dans les environs de quelques quartiers d’Abidjan : Yopougon, Treichville, Cocody, Koumassi, Marcory, Port-Bouët.

Il est urgent de dénoncer avec force les atrocités et le génocide en cours dans les régions à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Je demande aux représentants des médias internationaux présents à Abidjan de se déployer sur l’ensemble du territoire ivoirien afin de mener des reportages et faire connaître ces faits au monde entier.

Nous ne pourrions pas dire que nous ne savions pas ce qui se perpétrait actuellement en Côte d’Ivoire.
Il est urgent de dénoncer ces assassinats et ces exactions, et ce génocide en cours.