Éthiopie : l’insécurité retarde l’aide à la région du Tigré

La région du Tigré du nord de l’Éthiopie est trop instable pour que l’aide puisse atteindre des centaines de milliers de civils dans le besoin, ont déclaré hier dimanche des travailleurs humanitaires, au milieu des informations faisant état de combats persistants, de pillages et d’anarchie.

Les agences humanitaires ont mis en garde contre un manque de nourriture, de médicaments et de sacs mortuaires, au Tigré où 600 000 personnes recevaient déjà une aide alimentaire avant qu’un mois de combats n’éclate entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed Ali et une force régionale rebelle. Il a déclaré la victoire sur le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) après que les troupes fédérales ont capturé la capitale régionale Mekelle, il y a 8 jours, affirmant qu’aucun civil n’avait été tué dans l’offensive.

Cependant, un médecin de la ville de Tigré a déclaré qu’au moins 27 personnes, dont un enfant de 4 ans, un homme de 78 ans et une famille de 4 personnes étaient décédées dans l’offensive. Deux autres ont été tués et 4 grièvement blessés lorsque des habitants ont bloqué des routes pour protester contre le pillage par les forces gouvernementales à Mekelle, a déclaré le médecin. Les services médicaux de la ville étaient au point de rupture, a-t-il ajouté.

« Pas de lumière, pas de carburant pour le générateur de secours, pas de gants, pas d’anti-douleur (médicament), pas d’antibiotique, pas de repas pour les patients et le personnel, pas d’accès à la banque, même notre ambulance a été prise par les soldats », a déclaré le médecin dans un SMS demandant que lui et son hôpital ne soient pas nommés par crainte de représailles.

Les affirmations de toutes les parties ont été difficiles à vérifier car la plupart des communications sont interrompues et le gouvernement contrôle étroitement l’accès des médias et de l’aide humanitaire depuis le début du conflit le 4 novembre.

La rapide déclaration de victoire d’Abiy Ahmed est intervenue alors que son gouvernement cherchait à apaiser les craintes, dans son pays et à l’étranger, selon lesquelles le conflit pourrait déstabiliser le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique et la région de la Corne de l’Afrique. Des milliers de personnes auraient été tuées et environ 46 000 auraient fui vers le voisin occidental de l’Éthiopie, le Soudan.

Le TPLF a déclaré qu’il s’était retiré de Mekelle pour éviter de détruire la ville, mais a promis de continuer à se battre. Des affrontements sporadiques persistent dans des zones extérieures à la ville, selon des habitants, des diplomates et le TPLF. Vendredi, les habitants ont également signalé des pillages et des manifestations à Mekelle.