Espagne : un juge exige un procès contre 11 Marocains pour génocide au Sahara Occidental

Les relations entre le Maroc et l’Espagne sont en passe de se détériorer. Et pour cause, 11 hauts fonctionnaires et militaires risquent un procès en Espagne pour génocide au Sahara occidental, après une enquête menée par un juge espagnol.

Un juge espagnol a exigé ce jeudi un procès contre 11 Marocains, après une enquête qui dévoile des attaques systématiques contre les civils entre 1975 et 1991. Selon ce juge, il existe des indices rationnels permettant de juger les onze inculpés pour des faits de génocide, après l’ouverture d’une enquête en octobre 2007.

Mandat d’arrêt international

Ce juge a donc lancé un mandat d’arrêt international à l’encontre de sept des inculpés et déliver quatre commissions rogatoires pour les quatre autres personnes dans le but de les informer de leur inculpation. Parmi eux, figure l’ancien gouverneur de l’administration territoriale du ministère de l’Intérieur marocain jusqu’à 1997 Abdelhafid Ben Hashem, le gouverneur de Smara entre 1976 et 1978 Said Ouassou et son successeur Hassan Oushen.

Le militaire Abdelhaq Lemdaour et le colonel de la gendarmerie royale Driss Sbai tenus responsables par le juge d’acte de tortures envers Hadram Aderrahman, une femme qui a été séparée de son bébé et torturée durant plusieurs semaines. Ils sont aussi en cause dans des actes de tortures envers Omar Buzeid Ahmed Baiba, un commerçant « de nationalité espagnole »

Face à ces accusations et interpellations, les autorités marocaines n’ont pour le moment pas réagi. Cette région du Sahara est un sujet qui met à mal les relations entre les deux pays depuis l’annexion par le Maroc en 1975 de cette ancienne colonie espagnole, qui s’est soldée par un conflit entre les forces armés des deux pays durant 16 ans.

Les conclusions du juge espagnol ont été vivement saluées par l’association Pro-droits de l’Homme d’Espagne, qui estime que c’est « une avancée décisive contre l’impunité face aux graves violations des droits de l’Homme, perpétrées par les forces militaires marocaines contre la population civile sahraouie ».