Eric Moussambani : 12 ans après Sydney, les JO de Londres

A chaque épreuve de natation aux Jeux Olympiques, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour Eric Moussambani, alias Eric « l’anguille ». Un héros à Sydney…

Souvenez-vous, c’était aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Le légendaire Eric Moussambani, dans un slip de bain turquoise, battait le record du 100 mètres nage libre. Et pas n’importe lequel, celui du nageur le plus lent de l’histoire des JO. Il a parcouru cette distance en 1 minute, 52 secondes et 72 centièmes, soit deux fois plus que la moyenne. Le record du monde de la discipline était, à l’époque, de 47 secondes et 84 centièmes et celui du 200 mètres était de 1 minute, 42 secondes et 96 centièmes.

Les médias avaient relevé le caractère démentiel de sa performance, tout en applaudissant son courage comme les centaines de spectateurs présents ce jour-là au Centre Aquatique International de Sydney. Inutile de préciser qu’Eric Moussambani, dit Eric « l’anguille », n’avait pas le niveau requis pour participer à une telle compétition, mais il avait tout de même reçu un carton d’invitation pour concourir à Sydney, et ce, grâce à une dérogation qui permet à des pays « émergents » de participer aux Jeux Olympiques. C’est donc à Karim Bate, un Nigérian, et à Fakhod Oripov, du Tajikistan, que « l’anguille » était opposé. Ironie du sort, Eric Moussambani a fini par concourir seul suite aux faux départs de ses deux et uniques concurrents. A sa manière, loin des techniques de nage académiques et peu semblable à celles des véritables champions, Eric, aussi appelé « le nageur », a battu un record. Agé de vingt-deux ans au moment de son exploit, l’athlète avait alors crée le buzz dans le monde entier. Les Guinéens n’ont toutefois pas apprécié et se sont sentis ridiculisés après la prestation de celui qui devint la risée de son pays.

Quatre années plus tard, aux JO d’Athènes, Eric Moussambani rate l’évènement mais cette fois-ci à cause d’un problème administratif survenu à cause du Comité olympique équato-guinéen qui égare la photo de son passeport. Quant aux JO de Pékin, en 2008, son niveau jugé faible ne lui a pas permis de se qualifier pour la compétition.

Aujourd’hui âgé de 34 ans, « l’anguille » nagera à Londres. Et même s’il ne sera certainement jamais champion olympique, il marquera encore pour longtemps l’histoire de sa nation aux Jeux Olympiques. De là où il est, Pierre de Coubertin aurait probablement encouragé le jeune sportif : « l’important, c’est de participer ».

Prestation d’Eric Moussambani aux JO de Sydney