« Entre les murs » : une Palme d’or pour célébrer l’école et la diversité

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Le jury du 61e festival de Cannes, qui s’est achevé dimanche, a récompensé l' »étonnant « Entre les murs de Laurent Cantet. La première Palme d’or française depuis 1987 est une lucarne sur le monde de l’école et un échantillon de la France dans toute sa diversité.

La première Palme d’Or française depuis 21 ans est revenue, dimanche, à Entre les murs de Laurent Cantet. La dernière remonte à 1987 pour Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat. Si son prédécesseur a été hué, c’est sous de vifs applaudissements que toute l’équipe du film, composée d’une vingtaine de collégiens aux origines les plus diverses et reflet du nouveau visage de la société française, a reçu sa récompense. Le jury du 61e festival de Cannes, présidé par l’acteur-réalisateur américain Sean Penn, a salué à l’unanimité une œuvre « magique », « un film vraiment, vraiment étonnant », selon son président. « A cause des problèmes que ce film aborde, grâce aussi à l’opportunité de ses sujets, dans un monde qui a faim, qui a besoin d’éducation, qui cherche une voix, ce film nous a beaucoup touchés », a-t-il déclaré à la conférence de presse organisée après l’annonce du palmarès.

Ce long métrage, à mi-chemin entre documentaire et fiction, retrace l’année scolaire d’une classe de 4e du collège Françoise Dolto, situé dans le XXe arrondissement de Paris, un établissement classé en zone d’éducation prioritaire (ZEP). François, jeune professeur de français, affronte Esmeralda, Souleymane, Khoumba et leurs camarades dans des joutes verbales. Une nouvelle manière de leur enseigner la langue de Molière et ses richesses, loin de l’univers de la « tchatche » dans lequel les adolescents évoluent.

Eloge de la diversité

François Bégaudeau, auteur du livre éponyme dont est inspiré le film, est le héros de cette histoire, qui de manière implicite célèbre la diversité de la société française. Dans un pays, où les vertus de l’école républicaine sont érigées en valeurs absolues et où ce modèle, et plus largement l’éducation est en crise, cette consécration culturelle revêt une forte dimension sociale et politique. C’est aussi tout un symbole pour le fils d’instituteurs qu’est Laurent Cantet. « Je voulais montrer que, si l’école est une machine à exclure, c’est surtout la somme de moments de tension, de bonheur, de vérité, explique le réalisateur français qui souhaitait que son film ressemble « à la société tout entière, il devait être multiple, foisonnant, complexe… »

De retour de Cannes, les collégiens-acteurs, attendus comme des stars, ont été acclamés cet après-midi par les élèves et enseignants de leur établissement. Un collège dont le responsable, Jean-Claude Defaux, décrit comme « un établissement mélangé, avec des classes sociales mélangées, des origines mélangées et ça donne quelque chose qui fonctionne pas mal ». A l’image de la nation française ?