Enfants d’ici et d’ailleurs

L’exposition  » De Sourou-Kouki à la Goutte d’or « , c’est une enclave burkinabè au coeur du quartier parisien de la Goutte d’or. L’histoire d’un atelier d’arts plastiques pour les enfants au Burkina Faso. Un espace de partage aussi entre les deux univers. Si lointains, si proches.

Tout commence il y a vingt ans par un émerveillement. Celui de deux femmes qui découvrent le Burkina Faso. Deux artistes, peintres et sculpteurs, associées sous le nom d’  » Ange et damnation « . Et membres actifs depuis quelques années d’une association parisienne,  » La Soupape ailée « , qui s’est donné trois objectifs : initier les enfants aux arts plastiques, développer une coopération artistique avec l’étranger et organiser des expositions. Alors, quand elles rencontrent, il y a huit ans au Burkina Faso, Yacine Sissoko, propriétaire d’une concession et disposée à la mettre à leur disposition, l’idée fait doucement son chemin d’exporter là-bas les activités de l’association. Une idée qui prend corps cette année.

Naissance d’un atelier

C’est toute cette histoire que raconte l’exposition  » De Sourou-Kouki à la Goutte d’or « , qui occupe jusqu’au 26 mai la galerie Cargo 21 à la Goutte d’or. L’histoire de la création d’un atelier d’arts plastiques pour les enfants dans la concession de Sourou-Kouki, quartier nord de Bobo Dioulasso. Installation et décoration des locaux, travaux de peinture, gravure et sculpture des quelque 150 enfants accueillis au sein des ateliers par des artistes français et burkinabè, l’exposition raconte cette naissance étape par étape. Et la fait revivre au visiteur comme s’il y était. Musique, photographies, vidéos et surtout réalisations extraordinairement expressives et colorées des enfants, tout est fait pour recréer l’atmosphère de l’atelier et plus largement du pays. Et faire naître une affection, une mystérieuse proximité avec ces enfants qui étalent leur joie de vivre devant la caméra et sur leurs dessins.

Si loin, si proches

Mais l’exposition ne se contente pas d’exporter ce petit bout d’Afrique au coeur de Paris. L’objectif est aussi de créer des liens avec les petits Parisiens de la Goutte d’or. Alors en marge des ateliers, s’est mise en place une correspondance entre l’école de Sourou-Kouki et une école de la Goutte d’or. Qui passe par un échange de lettres bien sûr. Mais aussi par la décoration des enveloppes au sein des ateliers. On appelle ça du  » mail art « .

 » C’est un moyen de contourner les difficultés d’écriture qui se posent en Afrique, où on fait souvent appel à des écrivains publics, comme à la Goutte d’or « , expliquent Ange et damnation.  » Les enfants ont beaucoup de plaisir à peindre les enveloppes et sont très impatients de répondre. Ils gardent les enveloppes sur eux, tellement ils y sont attachés. Et même si les enfants étaient éberlués de savoir par exemple qu’une classe compte 95 élèves au Burkina Faso et 22 en France, globalement c’est la proximité et la ressemblance des enfants qui frappent. D’autant plus qu’ils ont souvent les mêmes prénoms ou les mêmes noms.  » D’un quartier nord à l’autre, il n’y a souvent qu’un pas.

Et l’échange ne s’en tient pas là. Pendant toute la durée de l’exposition, les petits Parisiens seront accueillis pour répondre au courrier des Burkinabè et peindre les enveloppes. Qui seront exposées à la fin de l’exposition. Quant à l’atelier de Sourou-Souki, il ne demande lui aussi qu’à continuer. Ouvert par intermittence faute de moyens pour l’instant, il espère bien pouvoir accueillir de plus en plus d’artistes et d’enfants. Un appel aux souscripteurs est d’ores et déjà lancé. Alors, n’hésitez plus !

Pour visiter l’exposition : Galerie Cargo 21, 21 rue Cavé, 75018 Paris

Du mercredi au vendredi de 14 heures à 19 heures

Pour aider l’association :