En Éthiopie, l’ONU alerte sur les risques du retour d’une guerre civile

Ethiopie Tigré drapeau
Ethiopie Tigré drapeau

Le conflit qui a ensanglanté le Nord de l’Éthiopie, pendant près de deux ans, a pris fin en novembre 2022. La signature d’un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement fédéral et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) avait posé les jalons d’une période de paix. Cependant, un rapport d’un groupe d’experts de l’ONU alerte sur les risques de reprise du conflit. 

Les causes de la guerre en Éthiopie étaient principalement d’ordre politique et ethnique. Le TPLF dirigea l’Éthiopie de 1991 à 2018. Puis il a été marginalisé par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, qui a mis en place un nouveau système politique basé sur la décentralisation. Cette marginalisation a conduit le TPLF à se soulever contre le gouvernement, ce qui a déclenché le conflit.

Malgré la signature d’un cessez le feu, le 2 novembre 2022, à Pretoria, en Afrique du Sud, les tensions entre les parties sont restées vives. Le TPLF a notamment accusé le gouvernement fédéral de violations des droits de l’Homme dans la région du Tigré, et il a menacé de reprendre les combats si le gouvernement ne répondait pas à ses demandes.

Ces dérives sont confirmées par le rapport des experts de l’ONU, qui doit être présenté cette semaine au Conseil des droits de l’Homme. Selon ce document, «les hostilités en Éthiopie s’étendent désormais à l’échelle nationale, avec des violations significatives en augmentation, notamment dans la région d’Amhara, mais également dans celle d’Oromia et ailleurs».

Les rebelles du Tigré sont soutenus par des milices venant de l’Amhara et de l’Afar ainsi que par l’armée Érythréenne.

Les conséquences d’une reprise des hostilités

Une reprise de la guerre aurait des conséquences désastreuses pour l’Éthiopie. Elle entraînerait une nouvelle escalade des violences, qui pourrait se propager à d’autres régions du pays et plus largement déstabiliser la région de la Corne de l’Afrique. La crise humanitaire touche déjà des millions de personnes dans le Nord de l’Éthiopie. Une reprise du conflit aura des conséquences dramatiques pour ces réfugiés.

L’ONU a appelé les deux parties à reprendre les négociations de paix et à éviter une nouvelle escalade des tensions. La remise du rapport sera sans aucun doute l’occasion de renouveler cet appel au calme.