En avant pour les Césaire de la musique

La première édition des Césaire de la musique se tiendra le 23 octobre 2006 à Paris. Cette initiative est destinée à rendre hommage au poète martiniquais Aimé Césaire. Elle récompensera les personnalités et artistes africains et antillais pour lesquels les internautes du site de la manifestation auront voté par SMS. Interview de Frank Anretar, concepteur de la manifestation.

Après trois ans de travail, la première édition des Césaire de la musique aura lieu le 23 octobre au Casino de Paris. Frank Anretar et un de ses collaborateurs sont à l’initiative de cette manifestation, qui rend hommage au poète Aimé Césaire et récompensera les personnalités et artistes antillais et africains. Le jury en a présélectionné plusieurs pour chacune des douze catégories qui sont ouvertes au vote du public. Un vote qui se fait uniquement par l’envoi d’un SMS surtaxé et dont les modalités sont indiquées sur le site de la manifestation. La remise des prix doit être retransmise en France sur France Ô et sur une cinquantaine de chaînes africaines. Précisions de Frank Anretar, également concepteur du site zouker.com.

Afrik.com : Pourquoi avoir créé cet événement ?

Frank Anretar :
Avec David Nogade, nous avons constaté que les personnalités noires n’étaient pas représentées aux Victoires de la musiques ou aux NJR Music Awards. Nous nous sommes dits que c’était important d’exposer notre musique. Car ceux qui signent avec des contrats sont rares et que ça arrive par chance. L’idée est que cela n’arrive plus par hasard. C’est pour cela que cette soirée ne sera pas qu’une remise de prix. Ce sera aussi une rencontre entre les artistes, les maisons de disque, les patrons de boîte de nuit… tous les corps de métiers de la musique. Nous voulons aussi montrer des modèles, exposer la réussite de ceux qui réussissent dans leur domaine. Le problème, c’est que nous n’avons pas de médias pour savoir qui fait quoi.

Afrik.com : Vous avez choisi comme nom les « Césaire de la musique », or, Aimé Césaire est un homme de lettres. N’y a-t-il pas contradiction ?

Frank Anretar :
Il fallait trouver un dénominateur commun, quelqu’un qui parle autant aux Antillais, aux Africains et aux Créoles. Aimé Césaire a encensé la population noire, il est connu aux Antilles et en Afrique.

Afrik.com : Comment a-t-il réagi en apprenant votre événement ?

Frank Anretar :
Nous l’avons appelé en novembre 2005 pour lui annoncer que nous aurions aimé lui rendre hommage de cette façon et il a accepté. En avril 2006, nous l’avons rencontré en Martinique. Nous lui avons présenté le projet et il nous a accordé son soutien moral. La vidéo de l’entretien est d’ailleurs visible sur le site. Aimé Césaire est un homme de terrain très sollicité et nous ne nous attendions pas à tant de chaleur.

Afrik.com : L’événement s’appelle « Césaire de la musique » mais certains des nominés ne sont pas artistes, comme Harry Roselmack, qui est journaliste, ou Edouard Glissant, qui est écrivain. Ne craignez-vous pas une cérémonie fourre-tout ?

Frank Anretar :
On aurait pu l’appeler « les Césaire » tout court, mais nous sommes partis sur la base de remise de prix en musique pas de la musique. Nous voulions exposer le savoir-faire de toutes les personnalités.

Afrik.com : De quels autre soutiens bénéficiez-vous ?

Frank Anretar :
Nous avons reçu le soutien et l’aide du ministre français du Tourisme, Léon Bertrand, et de Patrick Karam (président du Le collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais, ndlr). Financièrement, les mairies de Fort-de-France et de Paris et des sponsors privés ont participé et, bien sûr, j’ai apporté des fonds. Toute cette organisation demande beaucoup d’argent et d’énergie. Je pense que nous avons déjà déboursé 250 000 euros. C’est bien moins que ce qui est dépensé pour les autres cérémonies de remises de prix, mais on a essayé d’être à la hauteur : d’avoir de jolis visuels et de belles vidéos, une belle statuette, un bon site, un CD officiel prévu après l’événement pour pérenniser la manifestation avant la deuxième édition…

Afrik.com : Où en sont les votes ?

Frank Anretar :
On peut voter en France et aux Antilles et pour le moment nous en sommes à 70 000 votes.

Afrik.com : Quelles personnalités sont attendues ?

Frank Anretar :
Harry Roselmack, Charly Nestor, Vincent McDoom (donc vous voyez, on est très ouverts), Philippe Lavil, Disiz la Peste, Corneille, Passi…

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