En attendant Chirac

Le ballet diplomatique entre Paris et Alger continue. Après Michèle Demessine, c’est Daniel Vaillant, Ministre de l’Intérieur, qui s’est rendu dans la capitale algéroise. Hubert Védrine, Ministre des Affaires étrangères, y est attendu en début de semaine prochaine.

Le menu des discussions entre le ministre de l’Intérieur français, Daniel Vaillant, et son homologue algérien, Zerhouni, est très chargé. Selon des sources diplomatiques, l’accord qui régit les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants algériens en France, accord qui date de 1968, sera renégocié entre les deux hommes. Les négociations avaient commencé il y a un an, lors de la visite de Yousfi, alors ministre des Affaires étrangères.

 » Plusieurs des dispositions de l’accord du 27 décembre 1968 qui réglemente « la circulation, l’emploi et le séjour des Algériens en France » doivent être modifiées, tant elles sont pénalisantes pour les Algériens par rapport au droit commun qui s’applique aux autres étrangers « , souligne-t-on au Quai d’Orsay. Les résidents algériens ne bénéficient pas des avancées de la loi Réséda de 1998 (dite loi Chevènement).

Visa, Air France et Chirac

« Ma visite est à la fois politique et opérationnelle. Il n’y aura pas de sujet tabou », a déclaré Daniel Vaillant, à sa descente d’avion.  » Les autorités algériennes ont besoin du retour d’Air France pour rassurer les investisseurs étrangers. Le retour de la compagnie signifie pour Alger l’arrivée d’hommes d’affaires « , analyse un conseiller diplomatique. Le dossier bloque sur le contrôle des passagers à l’embarquement. Les autorités algériennes refusent que ce soit des policiers français qui effectuent ce contrôle.

Concernant les visas, Daniel Vaillant s’est contenté de souligner que leur nombre a augmenté l’année dernière. En omettant de dire qu’il est passé de 800000, dans les années 80, à 175000 l’année dernière.

Le ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, est attendu à Alger la semaine prochaine. En attendant la visite du premier ministre Lionel Jospin et, surtout, celle du président Jacques Chirac.