Elections présidentielles en Algérie : l’indifférence à son paroxysme


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Alors que le Conseil constitutionnel a annoncé, lundi, dans un communiqué, que le dernier délai de dépôt des dossiers de candidatures en prévision de l’élection présidentielle du 9 avril prochain est fixé au lundi 23 février 2009 à minuit, les candidats sont loin de se bousculer au portillon. Car, pour le commun des mortels, les jeux sont faits d’avance. Abdelaziz Bouteflika devrait annoncer officiellement sa candidature pour un troisième mandat, jeudi, et remporter le scrutin sans encombre…

Notre correspondant en Algérie

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, devrait annoncer officiellement sa candidature pour un troisième mandat, jeudi, lors d’une grande réunion de ses partisans à Alger. C’est ce qu’a affirmé, le secrétaire général du FLN et ancien Premier ministre, Abdelaziz Belkhadem, dont les propos ont été cités par la radio publique algérienne, mercredi.

Tous les candidats à l’élection sont invités à s’inscrire au plus vite. En vertu du décret présidentiel n°09-60 du 7 février 2009, portant convocation du corps électoral en vue de l’élection du président de la République, le dernier délai de dépôt des dossiers de candidatures est fixé au lundi 23 février 2009, à minuit. Le dossier de candidature doit être déposé par le candidat en personne auprès du greffe du Conseil constitutionnel contre accusé de réception.

Mais les candidats risquent d’être rares. Jamais une aussi importante joute électorale n’a suscité si peu d’engouement parmi la population. L’indifférence y est à son paroxysme. L’élection présidentielle du 9 avril prochain risque de se dérouler dans l’indifférence totale, et les candidats au poste de la magistrature suprême se comptent sur le bout des doigts d’une seule main. « Les jeux sont faits d’avance », continue de penser l’Homme de la rue qui n’accorde aucun crédit à un scrutin qui, estime-t-il, n’apportera aucun changement au quotidien du citoyen qui va de mal en pis.

Des citoyens dépités

Dans les principales villes du pays comme Alger, Oran et Constantine les citoyens affichent ouvertement leur désintérêt. A Alger, les bus « solidarité » font des va-et-vient à travers les rues pour attirer l’attention de la population qui reste plongée à jamais dans ses soucis quotidiens, liés naturellement au manque de logement et au chômage.

L’insécurité, le banditisme, le paupérisme sont autant de problèmes sur lesquels butent chaque jour que dieu fait les Algériens, qui adhèrent pour beaucoup aux thèses des formations politiques qui appellent carrément au boycott du scrutin.

Le rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) du Dr Saïd Sadi est parmi les partis qui ont ouvert le bal, pour cet appel au boycott. Le front des forces socialistes (FFS) n’est pas en reste puisque, pour lui, « tourner le dos » à cette joute électorale constitue un devoir patriotique. C’est dans cette atmosphère, politiquement morose, que les partis de l’alliance présidentielle « gesticulent » pour tenter de convaincre les « indifférents » de participer massivement à un vote qui, selon la majorité des Algériens, n’apportera aucun changement.

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