Elections maliennes : la tendance se confirme

Le ministère de l’Administration territoriale a communiqué mercredi soir des résultats provisoires qui renforcent la tendance déjà observée mardi : ATT serait en tête, talonné par Soumaïla Cissé, lui-même suivi d’IBK. De son côté, le groupe Espoir 2002 joue toujours les trublions.

De notre envoyée spéciale à Bamako

Le trio gagnant de l’élection présidentielle malienne s’est précisé mercredi soir, avec dans l’ordre l’ex-général Amadou Toumani Touré (ATT) avec 28,32% des voix, le candidat de l’Adema (au pouvoir) Soumaïla Cissé avec 26,10% et le candidat du RPM (Rassemblement Pour le Mali), Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK avec 19,44%.

Les chiffres officiels provisoires du ministère de l’Administration territoriale, qui portent sur 567 communes sur 703 et 20 juridictions consulaires et diplomatiques sur 35, représentent 68,86% des circonscriptions, sans le district de Bamako. 917 des 987 bureaux de vote de la capitale avaient d’ores et déjà été traités a assuré le représentant de la Commission de centralisation des élections. Le taux de participation serait de 34,92%. Les résultats provisoires font état de 37,08% pour ATT, 34,47% pour IBK et 9,36% pour Soumaïla Cissé. Même trio de tête donc que dans le reste du pays à ceci près que le candidat de l’Adema cède largement sa place de seconde figure politique nationale au représentant du RPM.

Résultats  » bidon « 

Toujours selon les chiffres communiqués dans la nuit, le taux de participation serait de 42,23%. 1 671 034 Maliens auraient fait le déplacement dans un bureau de vote, sur un total de 3 957 083 électeurs concernés. Des résultats qui sont loin de plaire à tout le monde à Bamako, ceux de mardi ayant déjà été refusés par le groupe Espoir 2002, constitué de 13 partis politiques.

Le porte-parole du RPM d’IBK, Toumani Diallo, n’a pas hésité à qualifier ceux de mardi de  » bidon  » et  » relevant de la provocation « , lors d’une conférence de presse improvisée. Contestant l’arrivée en troisième place du candidat RPM, le groupe Espoir 2002 parle d’une  » tentative de manipulation des résultats « . Il accuse le ministère de l’Administration territoriale de  » rétention d’information  » et de  » déstabilisation du processus électoral  » mais assure :  » Ce ne sera pas un deuxième Madagascar « .

Espoir 2002 a prévu d’aller en justice pour faire condamner les irrégularités qu’il a observées lors du déroulement du scrutin et de la centralisation des informations.  » Nous savons que nous (le RPM, ndlr) serons au deuxième tour malgré tout ce qui est fait pour nous en empêcher « , a déclaré Toumani Diallo. La guerre psychologique bat son plein.