Elections en RCA : l’ONU et Human Rights Watch haussent le ton face à la montée des violences

Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH) et Human Rights Watch (HRW) condamnent la montée des tensions à l’approche des élections générales prévues le 27 décembre en République centrafricaine (RCA). Ces deux organisations appellent les acteurs politiques au respect des droits de l’Homme et à la lutte contre les violences et les propos haineux, à l’approche de ce scrutin électoral.

Pour le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, les violences qui s’observent en RCA présente des « sérieux risques pour la sécurité des civils et l’exercice du droit de vote ». Selon le communiqué signé par, Liz Throssell, porte-parole de l’organisation onusienne, « ces derniers jours, de nombreux rapports ont fait état d’attaques contre les forces de sécurité, les candidats aux élections et les agents électoraux ». Une situation qui conduit la HCDH à rappeler « à toutes les parties, y compris les forces de sécurité et les groupes armés, ainsi que les forces internationales et étrangères, qu’elles sont tenues de respecter le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits de l’Homme applicable », peut-on lire dans ce document.

De son coté, Human Rights Watch exprime son inquiétude suite à la montée des tensions à l’approche des élections du 27 décembre. « Les civils en République centrafricaine font, une fois de plus, face à une période périlleuse. À quelques jours du scrutin national, la nouvelle coalition rebelle oblige des milliers de personnes à fuir leurs maisons. Le gouvernement national et les Nations Unies devraient se mobiliser pour protéger les civils dans ce contexte de crise croissante. », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique Centrale à HRW.

Face à cette situation préoccupante, HRW précise que les groupes armés qui sèment la terreur dans ce pays « sont bien connus pour avoir commis des atrocités, notamment des meurtres, des viols, de l’esclavage sexuel et des pillages », ajoute M. Mudge, rappelant qu’ils « n’ont pas fait face aux conséquences de ces crimes et retombent dans la stratégie du règne par la terreur à l’approche des élections. Ces derniers développements préoccupants ne font que renforcer l’importance de briser le climat d’impunité du pays avec des procès crédibles pour demander des comptes aux auteurs de violations, par la Cour pénale internationale, la Cour pénale spéciale et les tribunaux ordinaires ».

Pour rappel, depuis les cinq dernières années, l’insécurité est récurrente en République centrafricaine (RCA), suite à l’activisme des groupes armés qui composent la coalition des patriotes pour le changement (CPC).