Elections américaines : Obama prend la main

Barack Obama, le sénateur de l’Illinois, a le vent en poupe dans la course à la Maison Blanche. Il a conquis quatre Etats en un week-end. Une victoire qui rend son adversaire démocrate Hillary Clinton fébrile au point de changer de directrice de campagne.

Le sénateur de l’Illinois Barack Obama a remporté ce week-end cinq consultations supplémentaires dans la course à la Maison Blanche. Les caucus du Maine, ce dimanche, et les primaires démocratiques du Nebraska, de Washington (68%), de Louisiane (57%), et du territoire des iles Vierges américaines, samedi, confirment encore une fois la menace que représente Barack Obama pour Hillary Clinton. La stratégie du sénateur de l’Illinois de miser sur les petits et moyens Etats – il n’y avait pas eu de campagne pour la présidentielle depuis 1968 dans le Nebraska, alors que sa rivale a choisi de se concentrer sur les plus importants, a payé. Même si la victoire du jeune candidat démocrate était prévisible dans un Etat comme la Louisiane, à majorité noire.
La véritable « surprise » vient du Maine, qui vote habituellement comme le New Hampshire. Cet Etat avait accordé sa première victoire à Hillary Clinton, après le coup dur de l’Iowa. « Une incongruité » d’ailleurs pour l’historien François Durpaire, coauteur de L’Amérique de Barack Obama, qui estime que le New Hampshire était plutôt acquis à Barack Obama.

La sénatrice de New York était jusqu’ici considérée comme favorite dans cette bataille présidentielle dans le camp démocrate. Le Grand Chelem du week-end vient de permettre à Barack Obama d’emporter la mise. Il compte désormais plus de délégués que sa rivale sur les 2025 nécessaires à l’investiture démocrate. Y compris les « super délégués » qui peuvent choisir de voter au dernier moment pour le candidat de leur choix.

Duels tendus

Le momentum, dynamique créée par des victoires successives, profite au jeune sénateur Barack Obama qui a crée la panique chez son adversaire. Hillary Clinton a annoncé dimanche soir le changement de sa directrice de campagne. Maggie Williams, qui était déjà responsable de son équipe lorsqu’elle était première dame, succède à Patti Solis Doyle. Son poste était ménacée depuis la défaite de l’Iowa. Les raisons de ce remaniement n’ont pas été explicitées par la sénatrice de New York.

Du côté des républicains, le favori John McCain, qui a obtenu le soutien de George W. Bush, s’est fait malmener ce week-end par le conservateur pasteur Mike Huckabee que l’on croyait définitivement écarté. Il est sorti vainqueur, samedi, des primaires du Kansas et de Louisiane et ses avocats soupçonnent des fraudes dans l’Etat de Washington. Selon Huckabee, qui a annoncé qu’il contestait ce scrutin lundi, McCain aurait été déclaré vainqueur alors que tous les bulletins n’avaient pas encore été dépouillés et que leurs scores respectifs étaient très serrés.

Ses bons résultats du week-end font de Barack Obama, qui se positionne déjà face à McCain, un candidat confiant pour les « primaires du Potomac ». Elles se tiendront mardi prochain et concernent les Etats du Maryland, de la Virginie et le district de Columbia, la capitale de l’Etat fédéral. Ces Etats lui seraient plutôt favorables. Ils constituent un vivier d’electeurs noirs et de personnes ayant un niveau d’éducation élevé, des groupes qui se prononcent plutôt pour le sénateur de l’Illinois.
Hillary Clinton, quant à elle, mise sur les primaires de l’Ohio, du Texas et de la Pennsylvanie, prévues pour les deux premiers le 4 mars prochain, où les classes ouvrières qui lui sont acquises jouent un rôle majeur.