Elections à Sao Tome : le changement dans la continuité

Fradique de Menezes est devenu, mardi, le troisième président de la république de Sao Tome et Principe. En battant au premier tour Manuel Pinto Da Costa, le tout premier président de l’archipel, il succède à Miguel Trovoada qui achevait son second mandat à la tête de l’Etat. Tous deux font partie de la même formation politique.

Fradique de Menezes est désormais le nouveau président de la république de Sao Tome et Principe. Les résultats officiels sont tombés mardi dernier. Crédité de 56,31% des suffrages contre 38,71% pour son adversaire, l’ancien président Manuel Pinto Da Costa, il remporte au premier tour des élections qui se sont déroulées dans le calme.

Fradique de Menezes succède à Miguel Trovoada, le président sortant dont la constitution empêchait de briguer un troisième quinquennat à la tête de l’Etat. Mais tous deux appartiennent à la même famille politique : le parti de l’Alliance démocratique indépendante. Manuel Pinto Da Costa, le premier président de l’archipel à l’issue de son accession à l’indépendance en 1975 et chef de file du mouvement pour la libération de Sao Tome et Principe, a manqué son retour aux plus hautes fonctions du pays. A la régulière.

Des élections dans le calme

Le scrutin présidentiel s’est déroulé dans le calme, samedi, où les électeurs se sont déplacés en masse et dans le calme pour aller voter. Les observateurs étrangers de l’Angola, du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Nigeria et de Taiwan sont unanimes. Ils confirment un vote juste et équitable. Aucun incident majeur n’a été enregistré.

L’ancienne colonie portugaise dont l’économie reposait essentiellement sur le cacao est aujourd’hui un pays de l’or noir avec la récente découverte d’importants gisements off-shore.

L’archipel volcanique, situé à 300 km au large de la côte ouest africaine (Guinée-Bissau), dispose d’une nouvelle carte maîtresse. Le principal argument de campagne des deux candidats était d’expliquer comment utiliser cette manne financière au mieux des intérêts de la nation.

Ressources pétrolières très convoitées

Ne nous y trompons pas. Les nombreux observateurs internationaux venus surveiller le chemin des urnes n’ont rien de philanthropes. Chacun veille à ses intérêts, présents ou futurs, dans un pays où de bonnes opportunités pétrolières restent encore à saisir.

Le Nigeria qui a dernièrement signé un accord maritime avec le président Trovoada a le sourire car il peut raisonnablement penser rester dans les bonnes grâces du parti au pouvoir. En soutenant Manuel Pinto Da Costa dans la course à l’élection, l’Angola n’a en revanche pas misé sur le bon poulain et doit encore s’en mordre les doigts. Avec toutes ces convoitises, au nouveau président de garder la tête froide et de savoir faire la part des choses.