Egypte : reprise du procès contre les journalistes d’Al-Jazeera

Le procès contre les trois journalistes d’ »Al-Jazeera », poursuivis pour avoir « diffusé de fausses nouvelles », a repris ce jeudi. Amnesty International accuse les autorités égyptiennes de se « venger » contre la chaîne satellitaire.

Les trois journalistes d’Al-Jazeera poursuivis en Egypte pour diffusion de « fausses nouvelles » ont retrouvé ce jeudi le box des accusés dans un tribunal du Caire. L’Australien Peter Greste, l’Egypto-Canadien Mohamed Fadel Fahmy et l’Egyptien Baher Mohamed sont notamment accusés d’avoir fait croire à une « guerre civile ». Al-Jazeera aurait, entre autres, glissé des images du conflit en Syrie dans un reportage en Egypte. Le procureur pourrait présenter à la Cour des extraits vidéo « fabriqués et manipulés », selon lui.

Cette cinquième audience s’est ouverte sous les critiques d’Amnesty International qui accuse les autorités égyptiennes d’utiliser ces journalistes pour se « venger » d’Al-Jazeera. L’organisation internationale dénonce la restriction de la liberté d’expression en Egypte. Lors de la destitution de Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013, la chaîne d’information qatarie avait pris parti pour la confrérie des Frères musulmans. Cette cinquième audience s’ouvre par ailleurs deux jours après l’appel du journaliste d’Al-Jazeera Abdellah Elshamy, détenu depuis plus 8 mois pour une autre affaire, pour recouvrer la liberté. Il évoque la détérioration de son état de santé en raison d’une grève de la faim.

Dans cette affaire, 20 autres personnes sont poursuivies, dont 12 par contumace. Parmi elles, 16 Egyptiens sont soupçonnés d’appartenir à une « organisation terroriste » et quatre étrangers de leur avoir fourni de l’ « argent », des « équipements » et des « informations » pour « diffuser de fausses nouvelles » et faire croire à une « guerre civile ».

Depuis juillet 2013, les affrontements et la répression contre les pro-Morsi ont fait au moins 1 400 morts et ont conduit à quelque 15 000 arrestations.