Egypte : polémique après l’identication des meurtriers de l’étudiant italien Giulio Regeni

Le gouvernement égyptien a annoncé que les assassins de Giulio Regeni, un étudiant italien de 28 ans, avaient été tués au cours d’une opération de police. Version réfuté par les proches de l’étudiant et associations, qui soutiennent l’hypothèse de la bavure policière.

Que s’est-il réellement passé au sujet de de Giulio Regeni, un étudiant italien de 28 ans retrouvé mort au Caire ? la question reste entière même si le gouvernement égyptien a annoncé, jeudi, que les assassins – quatre membres d’un gang de malfaiteurs – avaient été tués au cours d’une opération de police.

En effet, cette version des faits est loin de satisfaire les proches de la victime ainsi que les associations de défense des droits de l’Homme, qui soutiennent l’hypothèse de la bavure policière. Giulio Regeni, un étudiant italien de 28 ans, a été retrouvé mort sur une autoroute du Caire, le 3 février dernier. Deux mois après sa disparition, ses effets personnels – un sac au motif du drapeau italien, son passeport, sa carte bleue, deux téléphones portable et un portefeuille – auraient été retrouvés dans les affaires d’une bande de malfaiteurs.

Les quatre hommes, accusés de se faire passer pour des policiers pour enlever des touristes étrangers et les dépouiller, auraient tous été abattus, cette semaine, dans un échange de tirs avec les forces de l’ordre. C’est lors d’une descente chez la sœur de l’un des truands que la police aurait fait la précieuse découverte. Les effets personnels de Giulio Regeni, selon la police retrouvés jeudi dans les affaires du gang.

Mais cette annonce a été accueillie avec le plus grand scepticisme, à la fois par les proches de l’étudiant, le gouvernement italien et l’opposition égyptienne, qui dénoncent tous une manipulation grossière. Dès le lendemain, le cabinet de Matteo Renzi a tenu à réaffirmer sa volonté que « la vérité sans fard » soit faite sur la mort de Giulio Regeni. Depuis le début de l’enquête, de nombreux éléments semblent étayer l’hypothèse de la bavure policière.

L’étudiant a disparu à proximité de la place Tahrir le 25 janvier 2016, jour-anniversaire du soulèvement qui a conduit à la destitution de l’ancien Président Hosni Moubarak, en 2011. Ce soir-là, relève Le Figaro, un important dispositif policier était déployé dans la capitale pour éviter tout débordement. L’autopsie menée par les experts italiens révèle qu’il a été torturé pendant plusieurs journées consécutives avant de rendre l’âme. Fractures multiples, coups répétés, traces de chocs électriques aux parties génitales, brûlures de cigarette…

Selon plusieurs ONG, ces méthodes portent la signature claire des services de sécurité égyptiens. Le profil de Regeni, enfin. Doctorant à l’université britannique de Cambridge, il travaillait sur l’émergence des syndicats indépendants en Égypte et avait rédigé plusieurs articles critiques à l’encontre du régime.