Egypte : Marine Le Pen veut séduire l’Imam d’Al-Azhar

Marine Le Pen, la présidente du parti français le Front national (FN) est en visite en Egypte où elle a pu rencontrer ce vendredi le Grand Imam d’Al-Azhar.

Lors de cette étonnante visite entamée jeudi 28 mai Marine Le Pen, accompagnée par le député européen FN Aymeric Chauprade, a évoqué de « nombreuses convergences de vue » avec le Grand Imam d’Al-Azhar, l’une des plus prestigieuses institutions de l’islam sunnite.

Une approche de séduction qui cible Mohamed Al-Tayeb l’Imam d’Al-Azhar, l’une des plus prestigieuses institutions de l’islam sunnite basée en Egypte. Ce dernier a indiqué de son côté qu’il avait fait part à la présidente du parti de ses « sérieuses réserves » concernant ses « positions hostiles à l’islam », en la recevant. Mohamed Al-Tayeb a jugé que « ses opinions devaient être revues et corrigées ».

Le Front nationale avait indiqué que « la présidente du FN et le Grand Imam d’Al Azhar ont exploré ensemble les voies possibles d’une future coopération contre les salafismes et tous les courants radicaux de l’islam ».

« Confronter tout ce qui fait offense à l’Islam »

Al-Azhar a souligné que la rencontre avec Marine Le Pen se faisait dans le cadre de « l’ouverture » de l’institution « vis-à-vis de tous les courants idéologiques, pour répondre et confronter tout ce qui fait offense à l’Islam, sa tolérance et son acceptation d’autrui ». « Si elle (Mme Le Pen) avait une compréhension erronée de l’islam, le Cheikh d’Al-Azhar voulait lui montrer quel était le véritable islam », a expliqué Abbas Shoman, l’adjoint de Mohamed Al-Tayeb.

De son côté, Marine Le Pen, selon le communiqué d’Al-Azhar, « a reconnu qu’il ne fallait pas faire l’amalgame entre l’islam et les actes de violences commis par ceux qui s’en réclament ». Tout comme elle a reconnu « le droit des musulmans français à pratiquer leur foi et à l’exprimer en toute liberté », selon le texte.

La présidente du parti frontiste a par ailleurs été reçue par le pape copte Théodore II, « auquel elle a fait part à la fois de son émotion à pouvoir saluer le successeur direct de Saint-Marc sur le trône d’Alexandrie et de sa très vive inquiétude pour les chrétiens d’Egypte, de Syrie et d’Irak ».