Egypte : Moubarak libre mais sous surveillance

L’ex-Président égyptien, Hosni Moubarak, « pourrait être libéré jeudi » a annoncé ce mercredi son avocat. Mais l’armée égyptienne a ordonné qu’il soit placé en résidence surveillée, une fois libéré, en attendant que la décision de justice soit rendue dans son procès pour meurtre et corruption, selon la télévision d’Etat.

Hosni Moubarak ne sera pas libre comme le vent, même s’il a de fortes chances d’être libéré ce jeudi. L’armée égyptienne a été on ne peut plus claire. Elle a ordonné, ce mercredi, que l’ex-Président égyptien soit placé en résidence surveillée s’il recouvre la liberté, dans l’attente de la décision de justice qui sera rendu pour meurtre et corruption. « Dans le cadre de la loi sur l’état d’urgence, le pouvoir militaire a ordonné que Moubarak soit placé en résidence surveillée», a annoncé un flash déroulant sur l’écran de la télévision.

Ce qui signifie que la joie de Hosni Moubarak pourrait être de courte durée. Un peu plus tôt dans la journée de mercredi, l’avocat du dirigeant égyptien, contraint à démissionner en février 2011 suite au soulèvement populaire contre son régime, a annoncé qu’il pourrait être libre jeudi. Cette annonce fait suite à la demande de libération conditionnelle effectuée par Hosni Moubarak dans l’affaire d’un enrichissement illicite. Requête qu’un tribunal du Caire a acceptée, arguant qu’il a remboursé les 1,5 millions d’euros dont il était accusé d’avoir détourné. Le parquet n’a pas fait appel de cette décision.

Libération critiquée

En Egypte, beaucoup craignent que la libération de l’ex-chef d’Etat, âgé maintenant de 85 ans, puisse envenimer la situation actuelle du pays où le bras-de-fer entre pro-Morsi et pouvoir de transition est toujours en cours. Une grande partie des Egyptiens souhaitent voir Hosni Moubarak finir ses jours en prison, après 30 ans de règne sans partage. Une occasion royale pour les Frères musulmans, ennemi numéro du régime de l’ex-Président, de pointer du doigt le pouvoir militaire. Mohammed el-Beltagi, le porte-parole de la confrérie dont est issue Mohamed Morsi, a déjà vivement critiqué l’éventuelle libération de Moubarak dans le Gardian : « Avec les nouvelles de la libération imminente du dictateur déchu Hosni Moubarak, le régime militaire expose sa face hideuse en plein jour ».

Sa libération pourrait donc bien agiter l’Egypte déjà en pleine ébullition. La coalition qui rassemble les Partisans de Mohamed Morsi renversé le 3 juillet par l’armée a décidé de reprendre les manifestations vendredi pour dénoncer « le coup d’Etat militaire ».