Egypte : L’armée impliquée dans le carnage de Port-Saïd ?

La tension est toujours vive en Egypte. Deux personnes ont été tuées jeudi à Suez dans des affrontements entre policiers et manifestants. La foule protestait contre les violences qui ont fait 74 morts après le match à Port-Saïd qui opposait mercredi les équipes d’Al Masry et Al Ahly. Elle réclame entre autre la démission de l’armée accusée d’avoir planifié des violences dans le pays pour davantage légitimer son pouvoir. De nouveaux heurts ont éclaté ce vendredi au Caire entre la police et des manifestants.

Deux personnes ont péri dans des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants jeudi dans la ville de Suez. Des centaines d’Egyptiens étaient descendus dans la rue pour dénoncer les violences qui ont fait 74 morts à Port-Saïd après le match qui opposait mercredi les équipes d’Al Masry et Al Ahly. Selon des sources médicales, les deux victimes auraient été tuées par balles.

D’autres marches ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, dont la capitale le Caire. Elles aussi ont pris une tournure violente près du ministère de l’Intérieur où 600 personnes ont été blessées. La plupart d’entre elles ont été asphyxiées par les bombes lacrymogènes lancées par la policie antiémeute. « Les services de sécurité continuent à observer le plus haut degré de retenue pour faire face à ces agressions », a pourtant assuré une source de sécurité.

Des milliers de supporters du club de la capitale égyptienne, Al-Ahly, ont défié l’armée et le ministère de l’Intérieur qui, selon eux, n’ont rien fait pour empêcher les violences de Port-Saïd. « Ils savent protéger un ministère, mais pas un stade ! », s’exclament les supporters. Les manifestants accusent directement le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak le 11 février 2011. « Le peuple veut l’exécution du maréchal ! Dégage ! », scandaient la foule en colère.

L’armée sous le feu des critiques

Les critiques à l’encontre de l’armée n’ont cessé de prendre de l’ampleur depuis la chute de l’ancien régime. Plusieurs militants estiment que les militaires sont à l’origine de l’instabilité qui règne dans le pays pour légitimer leur maintien à la tête du pays.

Sophie Pommier, consultante spécialiste de l’Egypte, a affirmé au Figaro que ces évènements révèlent plutôt « le manque d’expérience de l’armée dans la conduite des affaires civiles et fragilise sa position aux yeux de l’opinion ». Selon certains observateurs, il s’agit plus de « bavures » successives liées à la « maladresse » de l’armée, plutôt qu’un supposé complot.

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