Égypte : enquête sur un viol collectif présumé dans un hôtel de luxe

Le procureur égyptien a déclaré, hier mercredi, qu’il avait ordonné une enquête sur une accusation de viol collectif, dans un hôtel de luxe, au Caire en 2014, qui a fait surface sur les réseaux sociaux, le mois dernier. Toutefois, les résultats des enquêtes seront annoncés «en temps voulu», indique le communiqué.

« Le parquet a reçu une lettre du Conseil national des femmes, accompagnée d’une plainte déposée par l’une des femmes qui ont subi des abus sexuels de la part de plusieurs personnes, à l’hôtel Fairmont Nile City, au Caire en 2014 », a déclaré le procureur, dans un communiqué. Attachés à la plainte déposée mardi « se trouvaient des témoignages de personnes ayant connaissance de l’incident », a ajouté le procureur.

L’agression présumée, qui a eu lieu dans un hôtel cinq étoiles du Caire, impliquait un groupe de six hommes qui auraient drogué et violé une jeune femme, selon des comptes de médias sociaux. Les noms et les photos des accusés, issus de familles aisées, ont largement circulé en ligne. Ainsi, le Conseil national égyptien des femmes a condamné les menaces de représailles faites contre des femmes dénonçant des inconduites sexuelles, la semaine dernière. Le conseil « soutient chaque femme et chaque fille exposée à toute menace en apportant tout le soutien nécessaire », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué diffusé la semaine dernière, l’hôtel Fairmont a déclaré qu’il avait mené une enquête interne mais avait constaté « qu’à aucun moment, aucun rapport d’incident n’a été déposé à l’hôtel, ni à la police du tourisme de l’hôtel ».

Les accusations font partie d’une vague « #MeToo (Moi aussi) », résurgente dans le pays profondément conservateur, cherchant à tenir les prédateurs sexuels responsables de leurs actes. Une étude réalisée en 2013 par ONU Femmes a révélé que 99% des femmes égyptiennes avaient, à un moment de leur vie, été victimes de harcèlement sexuel, verbalement ou physiquement.