Éducation : 2 anaphabètes brésiliens sur 3 sont noirs

Dans un pays dont presque la moitié de la population se déclare blanche, l’analyse des taux d’analphabétisme révèle une asymétrie : seuls 32% des analphabètes appartiennent à ce groupe tandis que 67,4% sont noirs ou métisses déclacrés, selon le Pnad de 2006 (Pesquisa Nacional por Amostra de Domicílios, Enquête nationale par échantillon des Ménages ).

Les données des l’IBGE(Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques) traduites en chiffres absolus montrent que des 14,4 millions d’analphabètes, 10 millions sont noirs ou métisses. Par conséquent, le taux d’analphabétisme parmi les noirs et les métisses (14%) représente plus du double du même taux parmi les blancs (6,5%).

Si l’on prend en compte le taux d’analphabétisme fonctionnel (au delà de l’incapacité à lire et écrire, celle de comprendre des textes), le gouffre racial est encore plus profond. L’analphabétisme fonctionnel touche 16,4% des blancs, 27,25% des noirs et 28,6% ddes métisses.

Les données indiquent également que l’augmentation de l’accès à l’enseignement supérieur n’a pas favorisé les blancs et les noirs de la même façon. Entre 1996 et 2006, le nombre d’étudiants blancs de 18 à 24 ans inscris dans l’enseignement supérieur a augmenté de 25,8 points pourcentuels – de 30,2% à 56%.

Dans le même temps, la participation des noirs et des métisses à ce niveau d’enseignement a augmenté de 15 points pourcentuels, passant de 7,1% à 22%.

La différence est encore plus grande parmi les personnes ayant effectué plus de 15 ans d’études – suffisant pour terminer les études supérieures: en 2006, 78% d’entre elles étaient blanches, et seulement 3,3% étaient noires.

« C’est un résultat misérable, et pour changer le tableau, il serait nécessaire de créer des quotas dans toutes les univertsités publiques du pays », indique Eduardo Pereira, administrateur de Educafro, un institut de São Paulo préparant au concours d’accès à l’université et dédié aux afrodescendants.

La situation des noirs et des métisses est également la pire en terme de revenus: même lorsqu’on compare les personnes ayant le même niveau de scolarité, le revenu moyen des noirs et des métisses est inférieur de 40% à celui des blancs.

Les blancs ayant effectué plus de 12 années d’études ont gagné, en moyenne, 15,90R$ par heure, en 2006, tandis que les noirs et les métisses en ont reçu 11,10 .