Echec aux putschs

Bonne nouvelle pour l’Afrique : elle est désormais rentrée dans la saison des putschs ratés. L’une après l’autre, toutes les tentatives de prise de pouvoir par la force que vient de connaître le continent ont échoué. Echec en Centrafrique, échec en Côte d’Ivoire, échec partout. Les coups de main audacieux des militaires ne se concluent plus par une prise de contrôle rapide des principales institutions : quelques coups de feu échangés, et le pouvoir légitime reprend les choses en main, les putschistes sont mis en déroute.

L’habitude de signifier son mécontentement en prenant le pouvoir en direct va-t-elle alors définitivement déserter notre terre d’Afrique ? On peut l’espérer : en développant la presse libre, en ouvrant les différentes constitutions des pays africains à un multipartisme pluraliste, en permettant progressivement les alternances, de plus en plus de nations hier vulnérables aux renversements de palais en sont désormais protégées.

Car il n’est pire pouvoir que celui qui tire sa seule légitimité de l’usage de la force. Au moment où l’essor des moyens de communication ne permet plus d’ignorer fraudes ou manipulations, le progrès démocratique devient la seule voie ouverte devant les Etats africains. Et leur meilleur rempart contre les tentations de coups d’Etat nourries par certains militaires, qui voient l’avenir droit derrière. Ensemble, en faisant circuler l’information, en ouvrant des débats publics, en ouvrant les yeux, tout simplement, nous contribuons à démoder cette pratique du putsch qui a fait tant de mal à l’Afrique. Allons au-delà, mettons la vraie démocratie à la mode. Un pas de plus, et nous pourrons respirer librement.