
La diphtérie poursuit sa progression au Sénégal. Au 20 septembre 2026, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique faisait état de 114 cas confirmés et de 11 décès dans 31 districts sanitaires répartis dans 12 régions. À Louga, 16 cas, dont un décès, ont été signalés, poussant les autorités à renforcer la vaccination, la surveillance et la sensibilisation.
La situation épidémiologique de la diphtérie s’est encore aggravée au Sénégal en quelques jours. Alors que le bilan national faisait état de 76 cas et neuf décès au 13 septembre, le nouveau point arrêté au 20 septembre recense désormais 114 cas et 11 décès. Kédougou reste la région la plus touchée avec 33 cas, devant Louga avec 16 cas et Dakar avec 15 cas.
Louga renforce son dispositif sanitaire
La progression de la maladie est particulièrement suivie dans la région de Louga. La gouverneure Ndèye Nguénar Mbodji a annoncé lundi 21 septembre que 16 cas de diphtérie, dont un décès, y avaient été enregistrés. Elle s’exprimait lors d’un comité régional de gestion des épidémies consacré à la situation sanitaire. La riposte régionale repose notamment sur la vaccination, la sensibilisation et la communication auprès des populations.
Des rencontres sont prévues dans les trois départements de Louga, ainsi qu’au niveau local, avec les sous-préfets et les différents acteurs territoriaux. Les autorités veulent également rapprocher les équipes de vaccination des communautés afin d’améliorer la couverture vaccinale. La gouverneure a par ailleurs déploré la rétention d’informations par certains prestataires de santé.
114 cas dans 12 régions
. Elle considère les données épidémiologiques comme indispensables au suivi de la situation et à l’orientation des décisions sanitaires. Un plaidoyer doit être engagé auprès des autorités compétentes pour tenter de lever cet obstacle. Le dernier bilan national montre que la maladie ne se limite plus à quelques foyers localisés. Au 20 septembre, 31 districts sanitaires dans 12 régions avaient enregistré des cas confirmés.
Kédougou compte 33 cas, répartis entre Kédougou (23), Saraya (8) et Salémata (2). Louga totalise 16 cas : huit à Darou-Mousty, six à Kébémer, un à Sakal et un dans le district de Louga. Dakar compte 15 cas, tandis que Diourbel et Thiès en enregistrent respectivement 13 et 12. La maladie est également signalée à Matam, Tambacounda, Kaolack, Kolda, Saint-Louis, Ziguinchor et Fatick. Cette répartition porte à 12 le nombre de régions concernées par l’épidémie.
Kédougou reste le principal foyer
Dans le sud-est du pays, Kédougou demeure le principal foyer identifié. Les premiers signaux avaient été enregistrés dans cette région frontalière, où plusieurs décès d’enfants avaient conduit les services sanitaires à engager des investigations. En août, le directeur régional de la Santé avait fait état de 591 cas suspects recensés entre mai et août, après plusieurs décès d’enfants de moins de cinq ans au Centre hospitalier régional Amath Dansokho.
Trois cas avaient alors été confirmés par les analyses. Les autorités avaient parallèlement renforcé la surveillance et les activités de vaccination. Le premier bilan national publié début septembre faisait état de 57 cas et huit décès. En moins de deux semaines, le nombre de cas confirmés est donc passé à 114, tandis que le nombre de décès a atteint 11.
La vaccination au cœur de la riposte
Face à cette progression, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination. La diphtérie est une maladie infectieuse et contagieuse qui peut être prévenue par la vaccination. Le ministère recommande aux parents de vérifier le statut vaccinal de leurs enfants et de compléter les doses manquantes conformément au calendrier du Programme élargi de vaccination.
La surveillance des personnes exposées constitue également un volet important de la réponse. Les équipes sanitaires doivent identifier les contacts des personnes infectées et assurer leur suivi afin de limiter la transmission. Le directeur régional de la Santé de Louga, Dr Moustapha Faye, a rappelé plusieurs signes pouvant évoquer une diphtérie : mal de gorge, fièvre, difficultés à avaler et apparition de dépôts ou membranes blanchâtres dans la gorge.
Reconnaître rapidement les signes
Une gêne ou une détresse respiratoire, un écoulement nasal ou des saignements de nez peuvent également constituer des signes d’alerte. En présence de symptômes évocateurs, les autorités sanitaires recommandent de consulter rapidement une structure de santé plutôt que de recourir à l’automédication. Le ministère appelle également les populations à respecter les mesures de prévention et à maintenir à jour la vaccination des enfants.
Avec 114 cas confirmés, 11 décès et une extension à 12 régions, l’épidémie fait désormais l’objet d’une surveillance renforcée à l’échelle nationale. À Louga comme dans les autres zones touchées, les autorités misent sur la vaccination, la détection précoce et le suivi des cas pour freiner la circulation de la maladie.




