Diaspora / Sénégal : assurez la santé de qui vous voulez avec NomadKare

Nouveau venu dans le paysage de l’assurance santé en Afrique, NomadKare, en partenariat avec le groupe AXA, offre à la diaspora européenne la possibilité d’assurer n’importe qui au Sénégal. Sans lien de filiation direct. Initiateur du projet, Mamoudou Traoré revient sur les tenants et les aboutissants d’une aventure entrepreneuriale pleine de sens et d’ambitions humaines.

« L’assurance santé 100% diaspora pour vos proches au Sénégal ». NomadKare s’inscrit comme une solution utile, pérenne et sécurisée pour la diaspora qui souhaite garantir la santé de leurs proches au Sénégal.

NomadKare, en partenariat avec le groupe AXA, est le fruit de 2 ans de travail pour Mamoudou Traoré et son équipe. Consultant dans le domaine des technologies de l’information et manager de transition, il s’est lancé dans l’aventure pour répondre à des besoins que lui-même rencontrait en tant que membre de la diaspora.

Son propos, illustré de nombreux chiffres concrets, montre à quel point la santé est un vrai luxe au Sénégal. Un luxe que peut offrir la diaspora à leur proche au sens africain du terme, via une assurance NomadKare concoctée avec un partenaire des plus exigeants.

Afrik.com : Comment présenteriez-vous NomadKare ?

Mamoudou Traoré : NomadKare est une innovation dans le domaine de l’assurance santé. Nous avons imaginé des produits nouveaux pour une nouvelle cible clients, à savoir la diaspora vivant en France et en Europe, qui souhaite pouvoir assurer ses proches au Sénégal.

Une des particularités de NomadKare est qu’une personne peut assurer qui elle veut, sans qu’il y ait besoin d’un lien filial. Nous considérons la notion de « proches » au sens africain du terme.

Tout Africain et tout Sénégalais conçoit la famille au-delà du pur lien filial entre frère et sœur et entre ascendants. On peut facilement appeler « frère » ou « sœur » des personnes avec qui on n’a aucun lien de sang. La famille est une notion beaucoup plus large qu’en Europe, ou qu’en Occident.

C’est une manière de vivre. C’est quelque chose que nous avons capturé dans les besoins pour essayer de proposer quelque chose de beaucoup plus inclusif et qui réponde aux réalités africaines.

Une réalité qui est d’autant plus vraie au Sénégal, le pays de la Téranga, qui en wolof signifie « hospitalité ». Et ce n’est pas un vain mot. Il y a, au Sénégal, une vraie tradition d’accueil qui fait qu’on peut facilement créer des liens forts et développer, de part et d’autre, de vrais sentiments de filiation.

La famille va au-delà du simple cercle traditionnel familial. On peut y retrouver des amis, des voisins, des personnes avec qui on a grandi ou vécu…

Afrik.com : L’assurance santé est peu développée au Sénégal comme plus largement en Afrique. Comment expliquez-vous cela ? 

Mamoudou Traoré : La mutuelle santé, du moins en France, est liée au salariat, les entreprises doivent proposer une mutuelle à tous leurs salariés. Au Sénégal, 90% de l’économie est informelle.

L’informel, c’est autant de personnes qui n’ont pas de mutuelle ou de couverture santé payée par leurs employeurs. Autant de personnes qui sont vulnérables vis-à-vis des aléas de santé. La couverture sociale reste aujourd’hui l’exception plutôt que la règle.

La diaspora est sollicitée en cas de coups durs ou moins durs. Dès qu’on a une petite maladie qui nécessite d’acheter les médicaments, d’aller voir un médecin ou d’aller voir un spécialiste,

Afrik.com : La santé coûte-t-elle chère au Sénégal ?

Mamoudou Traoré : La diaspora ne se rend pas toujours compte à quel point la santé coûte chère au Sénégal, et qu’elle est même, à bien des égards, un luxe que peu de personnes peuvent se permettre d’assumer seules.

Pour rappel, si l’on prend les chiffres officiels, le salaire minimum légal au Sénégal est de 58 000 FCFA, soit 88 euros, par mois. Un simple rendez-vous médical chez un spécialiste peut coûter jusqu’à 20 000 FCFA (30 euros).

Une opération en urgence dans les hôpitaux publics, pas même dans une clinique privée où les prix s’envolent, peut facilement coûter 700 000 FCFA (1 068 euros), soit 12 fois le Smic sénégalais. Un an de salaire !

A titre de comparaison, c’est comme si pour une personne au Smic en France (qui touche 1 200 euros par mois) devait proportionnellement assumer une facture de 14 480 euros pour une opération à l’hôpital !

Du coup, quand on est au Sénégal, on se tourne nécessairement vers sa famille pour qu’elle puisse nous aider. Des contextes où la diaspora va toujours être sollicitée et va naturellement agir en envoyant de l’argent.

L’objectif de NomadKare est justement d’arriver à sanctuariser des frais de santé et de flécher directement une partie des fonds de la diaspora pour assurer à leurs proches une bonne prévoyance et une bonne couverture de soins.

En France, on a la Sécurité sociale. Et quand on a en plus une mutuelle, on ne se rend pas compte que les coûts sont absorbés. Contrairement à des pays, même occidentaux, comme les États-Unis, où il n’y a pas de système social.

Afrik.com : Quand on visite le site Internet de NomadKare, on remarque rapidement le logo d’AXA. NomadKare est-il un produit ou une marque AXA ?

Mamoudou Traoré : Nos assurances sont totalement des produits imaginés par NomadKare, notre start-up d’insur-tech. Ce sont des innovations qui n’ont pas encore été mises sur le marché. Nous avons travaillé pendant près de deux ans à définir ce que pouvait être les contours de notre service santé. In fine, nous avons conçu trois produits de santé.

Mais il nous fallait trouver un assureur de référence pour les concrétiser. Et AXA, de par sa renommée mondiale, son savoir-faire et son réseau de soins au Sénégal et plus largement en Afrique, nous paraissait être le meilleur partenaire pour ça. Pour bénéficier d’un large réseau de soin au Sénégal et de tout un savoir-faire.

Afrik.com : AXA est un géant de l’assurance. A-t-il été facile de décrocher un partenariat avec eux ?

Mamoudou Traoré : Facile n’est pas le mot ! Il faut savoir qu’AXA est une multinationale et, qu’effectivement, c’est un acteur de référence dans le monde de l’assurance. Ça veut dire qu’ils sont très sérieux et qu’ils ont une exigence de sérieux vis-à-vis de leurs partenaires.

La discussion a parfois été compliquée. Mais encore une fois, on a eu à faire à de très grands professionnels. En face de nous, nous avions des actuaires, des juristes, des personnes en charge de la gestion du risque, à la fois d’AXA Global Healthcare à Singapour et d’AXA Sénégal.

Le travail a été long, précis, parfois complexe. Il a nécessité beaucoup d’allers-retours entre les différentes équipes. On parle bien là d’un produit qui met en jeu plusieurs pays, donc on est sur des problématiques ardues de réglementations, de conformité…

Cette collaboration nous a obligés, et c’est tant mieux, à nous hisser à de très hauts niveaux d’exigence.

AXA a fait preuve d’une énergie et d’une volonté qui était très appréciable. Je pense qu’ils ont été intéressés par une vision de la santé portée par une personne issue de la diaspora. Nous avons réussi à les convaincre de répondre à un besoin qui passait sous les radars. Un besoin santé de la diaspora vis-à-vis de leur famille restée au pays.

Une fois que nous avons passé cette étape, il a ensuite fallu discuter et négocier pied à pied sur les trois produits que nous souhaitions proposer. De manière à ce que les produits soient intéressants pour eux, pour nous et surtout les personnes de la diaspora qui vont prendre en charge des proches au Sénégal.

Afrik.com : AXA est déjà présent au Sénégal. Les produits NomadKare sont-ils finalement les mêmes que ceux proposées AXA Sénégal ?

Mamoudou Traoré : Non, c’était justement un des critères premiers lorsque nous avons commencé à discuter avec AXA Sénégal. Nous voulions proposer à la diaspora des produits nouveaux qui soient plus intéressants que ceux qu’AXA proposait localement. Sinon, il n’y aurait eu effectivement que peu d’intérêt à concevoir ce nouveau type de produits.

Tout le travail a consisté à montrer l’intérêt que pourrait avoir AXA à toucher une nouvelle cible de clients. Il ne s’agit pas d’une micro-niche, mais plusieurs millions de personnes qui sont issues de la diaspora africaine.

Afrik.com : Déjà une grande victoire pour NomadKare ?

Mamoudou Traoré : Pas vraiment. Sauf à considérer AXA comme un adversaire, alors qu’ils sont avant tout de précieux partenaires. Je dirais plutôt une première réussite. Parce qu’en somme, tout commence pour NomadKare ! Avec des offres que nous allons tester grandeur nature sur le marché.

Tous les process, échanges et négociations avec AXA en valaient la peine pour proposer des produits et un service sérieux à la diaspora et aux bénéficiaires qu’elle voudra assurer. C’est un projet qui forcément me tient à cœur, en tant que porteur de projet et aussi en tant que membre de la diaspora. L’aventure NomadKare a été inspirée par mes propres besoins.

Je suis né à Paris où j’ai grandi jusqu’à mes 11 ans avant d’aller au Sénégal, où j’ai vécu sept ans. Je suis revenu en France pour poursuivre mes études et démarrer une carrière qui m’a menée en France, en Angleterre, aux Etats-Unis notamment.

Mais en même temps, j’ai toujours gardé les liens avec ma famille et mes amis au Sénégal. J’y retourne régulièrement. Donc oui, ça me paraissait intéressant d’arriver à créer quelque chose qui ait du sens et qui ait de la valeur pour les Sénégalais dans un premier temps et plus largement pour l’Afrique.

Afrik.com : NomadKare est un nouvel acteur au Sénégal. Comment un assuré fait-il valoir ses droits auprès de professionnels de santé qui ne connaissent pas encore cette assurance à laquelle on ne souscrit qu’en ligne ?

Mamoudou Traoré : A partir du moment où un client, en France, souscrit une assurance pour un bénéficiaire vivant au Sénégal, le dossier, validé sur la plateforme NomadKare, est transmis à AXA Sénégal, qui édite une carte d’assuré AXA. Ce sont des cartes connues et reconnues dans tout le réseau de soins AXA.

Afrik.com : Vous évoquez les opérations ou les rendez-vous médicaux, mais il existe un autre volet tout aussi important du soin ou de la maladie : les médicaments…

Mamoudou Traoré : Un autre volet important en effet et qui peut coûter très cher. Une couverture NomadKare prémuni contre ce qui peut être un véritable gouffre financier. Et il assure aussi une vraie qualité des soins.

L’Afrique, et le Sénégal en particulier, sont confrontés à la question de la qualité des médicaments, que ce soit par rapport au fléau de la contrefaçon, ou par rapport à la condition de conservation desdits médicaments.

Côté contrefaçon, au mieux ce sont des placébos, donc qui ne soignent pas, au pire, ce sont des médicaments frelatés qui peuvent avoir une incidence grave sur la santé des gens qui les prennent.

En Afrique, on peut acheter des médicaments à l’unité sur les marchés, conservés en plein soleil, dont on ne connait pas forcément les dates de péremption. On peut raisonnablement s’interroger sur la qualité et l’efficacité de leurs principes actifs.

Un des objectifs de NomadKare est de se prémunir contre de ce genre de risques et de permettre à nos assurés d’aller dans de vraies pharmacies.

Afrik.com : L’une des critiques courantes que l’on adresse à l’endroit des assurances est qu’on paie alors qu’on n’est pas malade. Quel serait, selon vous, le meilleur argument qui plaide pour une prévoyance santé au Sénégal ?

Mamoudou Traoré : Les assureurs assurent difficilement des personnes malades ou au dossier médical chargé. Selon les chiffres 2017 du ministère sénégalais de la santé : les maladies chroniques étaient la cause de 41% des décès.

On sait qu’une personne sur trois développera de l’hypertension au Sénégal. L’hypertension favorise une autre maladie chronique : le diabète (tout comme le diabète augmente les risques d’hypertension).

On sait aussi que l’hypertension artérielle et le diabète restent les deux causes principales de l’insuffisance rénale.

Toutes ces maladies chroniques nécessitent des soins à vie. Si l’on prend l’insuffisance rénale, une seule dialyse coûte en clinique au Sénégal 80 000 Fcfa (122 euros).

Dans ces conditions, indépendamment des maladies ou des accidents qu’un(e) Sénégalais(e) peut avoir par ailleurs, il vaut mieux être couverts avant de développer des maladies chroniques qui pour le coup ou ont du mal à être assurées une fois déclarées. Il faut savoir qu’une fois qu’on est assuré(e), il y a une continuité tacite dans la souscription.

Le principe de l’assurance santé est qu’on assure des risques. En somme, les personnes assurent leur santé pour demain. C’est là que les termes de « prévoyance santé » (synonymes d’assurance santé), prennent tout leur sens.

Souscrire à une assurance santé c’est finalement avoir une attitude responsable, vis-à-vis des aléas de santé. C’est prévoir les risques et se prémunir de conséquences qui peuvent être très lourdes et coûteuses.

Avec NomadKare, nous offrons une sérénité mutuelle. A la personne de la diaspora, qui sait que son proche bénéficiera, le cas échéant, des meilleurs soins, et à son (sa) bénéficiaire, dont la charge financière de ses besoins de santé sera divisée jusqu’à 5 fois.

Afrik.com : Vous parlez ici du reste à charge ?

Mamoudou Traoré : Oui, nos taux de prise en charge vont de 60 à 80% selon l’offre choisie, avec un plafond allant jusqu’à 15 millions de CFA, (22 900 euros).

Concrètement si je reprends l’exemple d’une opération en urgence à l’hôpital de 700 000 cfa (1 070 euros), le reste à charge pour l’assuré(e) Nomadkare sera 2 fois et demi à 5 fois moins cher que le coût initial de l’opération.

En pratique elle ne devra débourser que 280 000 Fcfa (427 euros) pour notre produit d’entrée de gamme, ou uniquement 140 000 Fcfa (214 euros) pour notre produit haut de gamme.

Afrik.com : NomadKare est disponible uniquement pour le Sénégal. Avez-vous en projet de vous développer sur d’autres pays africains ?

Mamoudou Traoré : Oui, aujourd’hui nous démarrons le service à destination du Sénégal. Et nous nous adressons à la diaspora sénégalaise présente en France, en Belgique, en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni, au Portugal, au Pays-Bas et en Allemagne.

Et dans l’année qui vient, nous ouvrirons le même service pour d’autres diasporas africaines. Nous avons déjà commencé à collecter des données qui nous permettront de préciser le calendrier d’ouverture.

Note : Il y a une page sur le site https://nomadkare.com/pays qui permet à la diaspora d’indiquer le pays d’Afrique sur lequel elle souhaite voir la présence du service.