Deux ONG contre le report du passif humanitaire en Mauritanie

Le Forum des organisations des droits de l’homme de Mauritanie (FONADH) et l’ONG SOS-Esclaves s’insurgent
contre le report de l’analyse du passif humanitaire et l’impunité dont ont bénéficié les responsables d’atteintes aux droits humains dans le pays.

Les deux organisations de la société civile évoquent, dans deux déclarations distinctes transmises samedi à la Pana à Nouakchott, leur « déception » face à l’élan d’espoir suscité par le changement du 3 août 2005 qui a emporté le président Ould Taya qu’elles qualifient de dictateur.

Le FONADH évoque, dans ce texte publié à l’occasion de la Journéen internationale des droits de l’homme, une « occultation des problèmes de fond à cause du refus des autorités de transition de poser un acte de rupture par rapport à la position du régime déchu ».

« Pour favoriser la réconciliation nationale, il y a lieu d’envisager le règlement du passif humanitaire, le problème des réfugiés, la pratique de l’esclavage et le rétablissement de toutes les victimes de l’ancien régime dans leurs droits », ajoute le communiqué.

Nécessité de mesures symboliques

Quant à Sos-Esclaves, elle précise que l’esclavage perdure malgré le volontarisme des lois et des discours officiels. Elle souligne même qu' »en 45 ans d’existence, la Mauritanie peine encore à s’émanciper des fardeaux de son histoire ».

L’ONG anti-esclavagiste profite également de cette Journée mondiale pour réclamer la mise en oeuvre rapide du processus de règlement afin de prendre les mesures symboliques d’apaisement et fixer les règles d’une solution consensuelle.

Elle exhorte, par ailleurs, les autorités militaires à appliquer les recommandations de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).

Naguère considérées comme des structures clandestines, ces
organisations de défense des droits de l’homme ont été reconnues récemment par les autorités militaires issues du putsch du 3 août 2005.