Deux anciens ministres camerounais entendus par la Police

Les deux anciens ministres camerounais, Polycarpe Abah Abah (Economie et Finances) et Urbain Olanguena Awono (Santé publique), arrêtés lundi matin, sont actuellement entendus à la direction de la Police judiciaire à Yaoundé.

Polycarpe Abah Abah et Urbain Olanguena Awono, limogés du gouvernement le 7 septembre dernier, ont été cueillis tôt ce lundi à leurs domiciles respectifs à Yaoundé par des élements du Groupement spécial des opérations (GSO). Ils sont entendus, ainsi que leurs proches collaborateurs, sur leur gestion des fonds publics.

L’arrestation de ces deux barons du régime du président Paul Biya intervient dans le cadre d’une vaste opération d’assainissement des mœurs publiques visant à lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics.

Cette opération, qui a commencé en janvier 2006 et qui a déjà emporté Alphonse Siyam Siwé, ancien ministre des Mines et de l’Eau, par ailleurs ex-directeur général du Port autonome de Douala (PAD) et d’autres anciens directeurs généraux d’entreprises publiques ainsi que leurs présidents de conseil d’administration, a été baptisée « Opération Epervier ».

Avant leur interpellation, les passeports de Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono et Jean-Marie Atangana Mebara, ancien ministre des Relations extérieures, leur avaient été retirés par la Police et il leur avait été interdit de quitter la capitale depuis deux semaines.

La mise aux arrêts de Polycarpe Abah Abah et de Urbain Olanguena Awono survient 96 heures après l’intervention du vice-Premier ministre chargé de la Justice, Garde des sceaux, Amadou Ali, à l’Assemblée nationale, lors d’une séance de questions orales aux membres du gouvernement, où il avait annoncé l’aboutissement imminent « d’une vingtaine de dossiers » d’instruction de personnes présumées avoir commis des crimes économiques.

D’autres arrestations sont annoncées par le gouvernement camerounais qui subit la pression des bailleurs de fonds et de la communauté internationale pour traquer tous ceux qui auraient porté atteinte aux biens publics.