
À Benghazi, le Consulat général du Tchad multiplie les démarches pour obtenir la libération et le retour au pays de ressortissants tchadiens détenus à la prison de Kanfouda. Au 13 juillet 2026, 173 Tchadiens étaient recensés dans cet établissement. Plusieurs d’entre eux, détenus pour des infractions liées à l’entrée irrégulière en Libye, souhaitent désormais regagner le Tchad.
Le dossier des ressortissants tchadiens détenus en Libye fait l’objet d’un suivi rapproché du Consulat général du Tchad à Benghazi. Selon les dernières informations communiquées par la représentation diplomatique, 173 Tchadiens étaient encore recensés à la prison de Kanfouda au 13 juillet 2026.
Les démarches consulaires ont déjà permis à certains détenus d’avancer vers une sortie de détention. Sur les 173 ressortissants concernés, 73 ont effectué les examens médicaux requis et 51 ont déjà été libérés. Les procédures se poursuivent pour les autres détenus, dans l’objectif de permettre leur libération et, pour ceux qui le souhaitent, leur retour au Tchad.
L’entrée irrégulière au cœur du dossier
Selon le Consulat général du Tchad à Benghazi, la majorité des personnes détenues serait concernée par des infractions liées à l’entrée irrégulière sur le territoire libyen.
Face à cette situation, plusieurs ressortissants ont exprimé leur volonté de rentrer dans leur pays. Le Consulat travaille avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin de faciliter leur retour volontaire au Tchad. Cette collaboration doit permettre d’accompagner les détenus concernés dans les différentes étapes nécessaires à leur rapatriement, une fois les procédures administratives et judiciaires achevées.
Dans le cadre de ces démarches, le Consulat général du Tchad souligne la coopération des autorités libyennes. Ces dernières se seraient montrées disponibles pour faciliter l’avancement des procédures concernant les ressortissants tchadiens.
Cette démarche s’inscrit dans une coopération plus large entre N’Djamena et Tripoli. En 2024, les deux pays avaient déjà conclu un accord pour identifier et recenser les ressortissants tchadiens présents irrégulièrement en Libye et faciliter le retour volontaire de ceux qui le souhaitent, avec un accompagnement logistique et financier.
Un trajet saharien entre le Tchad et la Libye
Le Tchad et la Libye partagent une longue frontière saharienne. Depuis plusieurs années, des ressortissants tchadiens se rendent en Libye à la recherche d’opportunités économiques, notamment de travail. La Libye a longtemps été une destination importante pour les travailleurs venus d’Afrique subsaharienne. La richesse pétrolière et les besoins en main-d’œuvre attiraient de nombreux migrants.
Cependant, après le soulèvement de 2011, la chute du régime puis la mort de Kadhafi ont laissé place à un vide sécuritaire et institutionnel. La guerre civile, la fragmentation du pouvoir et l’affaiblissement du contrôle des frontières ont favorisé l’installation de réseaux de passeurs et de trafiquants. La Libye est alors devenue un important pays de transit pour les migrants souhaitant rejoindre l’Europe.
Pour une partie des migrants, le déplacement s’effectue par les routes transsahariennes qui relient le Tchad au sud de la Libye, notamment en direction de Sebha, puis d’autres villes libyennes. Ces itinéraires sont également empruntés par des réseaux de passeurs et de trafiquants, ce qui expose les migrants à de nombreux risques.
Pour certains, l’absence de documents réguliers ou de statut légal en Libye a ensuite conduit à des arrestations et à des placements en détention. En 2026, les Nations unies ont documenté des cas de détention arbitraire, de torture, de violences sexuelles et de travail forcé visant des migrants en Libye.




