Des sans-papiers entament une grève de la faim à Bruxelles

Quelque 27 sans-papiers occupant l’Eglise St. Boniface, à Matonge, le quartier africain de Bruxelles, ont entamé une grève de la faim, après avoir été informés que leurs demandes d’asile ont été rejetées par l’Office des étrangers, l’autorité belge compétente pour l’octroi du
statut de réfugié politique.

Selon l’Union pour la défense des sans-papiers (UDEP, un
collectif d’associations pour la défense des droits de l’Homme), trois Congolaises se trouvent parmi les sans-papiers qui ont entamé une grève de la faim. L’une d’elles réside en Belgique depuis 12 ans, et est mère de trois enfants, tous nés sur le territoire belge.

En 2001, cette Congolaise, qui répond au nom de Annie, avait obtenu un avis favorable pour bénéficier du statut de réfugié, et avait pu obtenir, grâce à la carte de séjour provisoire, un emploi dans un restaurant où elle a travaillé avant qu’elle ne soit licenciée parce que l’administration lui avait retiré, par la suite, la carte. De ce fait, elle avait perdu le droit au travail.

Depuis 4 mois, des dizaines des sans-papiers occupent l’Eglise St. Boniface.

Considérant que la grève de la faim est une forme de chantage, le ministre belge de l’Intérieur, Patrick Dewael, oppose un refus catégorique à leurs réclamations.

Samedi prochain, une grande manifestation sera organisée à
Bruxelles pour réclamer la régularisation du séjour des sans-papiers.

Le Parti socialiste (PS) belge a introduit, lundi, un projet de loi pour la mise en place d’une commission permanente de régularisation des sans-papiers.

Avant la mise en place de cette commission, le PS demande
l’organisation d’une vaste opération de régularisation des sans-papiers à l’instar de celle organisée en 2000 et qui avait permis la normalisation de la situation de quelques 50.000 étrangers jusque-là en situation irrégulière.

Les congolais sont probablement les plus nombreux à vivre à
situation irrégulière en Belgique bien que nombre d’entre eux aient été naturalisés belges suite à l’assouplissement de la loi sur cette matière.

En effet depuis la signature de l’accord global et inclusif, la Belgique n’accorde plus le statut de réfugiés politique aux Congolais ayant fui leur pays.

Parmi les Africains subsahariens, les rwandais sont les plus nombreux à bénéficier du statut de réfugiés politiques en Belgique, selon un rapport du ministère belge de l’Intérieur.