Des milliers de Ghanéens fuient vers le Togo

Depuis la semaine dernière, plusieurs milliers de Ghanéens, en majorité des femmes et des enfants, ont fui leurs villages de la province de Nandom, dans le nord du pays, pour le Togo. Actuellement réfugiés dans le camp de Tanjouare, à 600 km au nord de Lomé, ils ont fui leur pays suite à des conflits fonciers, fréquents dans la région. L’information, diffusée mardi par la BBC a été confirmée par les autorités togolaises. Au Ghana en revanche, elle a suscité une véritable confusion politique.

Confusion au sein du gouvernement ghanéen. Après plusieurs tergiversations, le gouvernement ghanéen vient de confirmer l’annonce faite par la BBC mardi selon laquelle 3 500 réfugiés auraient quitté la province ghanéenne de Nandom pour le nord du Togo, à Tanjouare, depuis la semaine dernière. Les autorités ghanéennes ont cependant nuancé le nombre de personnes. « Les chiffres avancés (par la BBC, ndlr), sont alarmants et ne sont pas exacts car (les deux communautés) ne dépassent pas plus de 2000 habitants», a déclaré John Tia, le ministre de l’information ghanéen.

Les réfugiés, en majorité des femmes et des enfants, ont fui les villages Kombatiek et Nadongou, situés dans la province de Nandom (Nord du Ghana). Les deux communes s’entretuent depuis plusieurs années pour obtenir la suprématie foncière.

Selon Francis Kpatinde, porte-parole régional pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, les victimes ont commencé à quitter le Ghana il y a environ 10 jours suite à la destruction de nombreuses propriétés.

Un soutien aux victimes

Le colonel Mohammed Atcha Titikpina, ministre de la sécurité togolais s’est rendu au camp de Tanjouare afin de constater la situation et exprimer son soutien aux les victimes. « Nous sommes venus au nom du gouvernement afin d’exprimer notre sympathie et notre solidarité avec nos frères et sœurs (ghanéens) ». Il a également annoncé que les autorités togolaises mettraient en place des structures visant à accueillir les réfugiés dans les meilleures conditions. Plusieurs ONG, telles que la National Disaster Management Organisation (Nadmo), sont également arrivées sur le camp afin d’assurer une prise en charge des réfugiés.

Le district de Bunkpurugu-Yunyoo (notamment dans les villages Kambatiak, Bankoni, Temaa and Berug) au nord du Ghana est, depuis une quinzaine d’années, le théâtre de conflits fonciers et ethniques ayant coûté la vie à des centaines de personnes. Des villages voisins, notamment ceux de Kombatiek et Nadongou, se disputent une suprématie pour les terres. Depuis 1994, cette lutte intestine a fait près de 1000 morts et 150 000 réfugiés.