Des micro-crédits contre le Sida

Des établissements financiers de solidarité aident les personnes atteintes par le sida à créer des revenus propres pour accéder aux soins. Coup de zoom.

On le sait : c’est la combinaison du sida et d’un autre mal qui tue généralement. L’Afrique selon les sources compte entre 22 et 27 millions de séropositifs (65% des personnes infectées dans le monde). Et pour ce continent la plus meurtrière de ces maladies opportunistes n’est autre que la pauvreté.

D’où l’idée de créer des opérations de micro-crédit, ou crédit solidaire pour que les malades ou leur famille puissent payer les médicaments onéreux tels les antirétroviraux, les trithérapies et mêmes les antibiotiques de base, synonymes de survie.

Pas une mince affaire : le coût du traitement de la maladie par an et par habitant et de 300 à 500 fois supérieur aux dépenses que consacre un Africain à sa santé.

Expérience pilote à Bamako

En vingt ans d’existence, le micro-crédit, inauguré par les associations non gouvernementales (ONG), a permis l’amélioration de l’accès aux services sociaux élémentaires, aux soins de santé, à l’eau potable et à l’information ainsi qu’aux assistances de planification familiale. Ces expériences réussies – dont celle de la Grameen Bank au Bangladesh reste la plus frappante -, ont conduit l’Association de recherche de communication et d’accompagnement à domicile des personnes vivant avec le Sida (ARCAD Sida) a réaliser des opérations de micro-crédit au Mali.

A travers le Centre de soins, d’animation, et de conseil pour les porteurs du virus HIV (CESAC), structure locale que l’association a montée à Bamako, elle a poussé certains malades à développer diverses activités génératrices de revenus, dans les domaines du petit commerce et de l’artisanat.

Mais pour le CESAC, qui évalue le coût moyen d’une trithérapie à Bamako, à 394 500 francs CFA, l’essor des activités génératrices de revenus doit être doublé d’une pression sur les firmes internationales et les gouvernements pour développer les médicaments génériques. Faute d’y parvenir, l’accès aux soins restera un lointain mirage.