Des manifestants perturbent l’élection présidentielle en Algérie

L’élection présidentielle de ce 12 décembre connaît de sérieuses perturbations en Algérie. Dans plusieurs centres de vote de Kabylie, le vote est perturbé voir suspendu. Dans la ville d’Alger, des dizaines de manifestants qui s’opposent à ce scrutin très contesté sème l’agitation. Ils se sont d’ailleurs introduits dans un centre de vote où le processus de l’élection a été suspendu.

Aucun sondage officiel n’est encore publié, mais le constat général est qu’il y a un taux d’abstention très élevé pour cette élection. Les manifestants dénoncent une mascarade visant à ramener les membres du gouvernement actuel au pouvoir. « Je ne voterai pas et je demande aux autres citoyens d’en faire autant », nous déclare un Algérien.

Le mouvement anti régime, le Hirak, créé le 22 février 2019, a obtenu en avril dernier la démission de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika. Ce mouvement manifeste une opposition farouche à la tenue de ce scrutin qu’il qualifie de mascarade électorale. Il exige la dissolution d’un système politique qui dirige l’Algérie depuis 1962, année de son accession à l’indépendance, et le départ définitif de tous les acteurs politiques qui ont soutenu ou aidé Bouteflika pendant ses 20 ans de pouvoir.

A bas les enfants du système Bouteflika

Pour le compte de cette présidentielle, cinq candidats sont en lice. Il s’agit d’Abdelmadjid Tebboune, Azzedine Mihoubi, Ali Benflis, Abdelaziz Belaïd et Abdelkader Bengrina. Aucun d’eux n’inspire confiance au Hirak qui les considère comme les enfants du système Bouteflika car ils ont tous été des alliés de l’ancien président. Des cinq, deux ont été Premiers ministres et deux autres ont été ministres sous le régime Bouteflika.

Un boycott observé dans plusieurs centres de vote

Les manifestants sont présents et ne bougent pas dans plusieurs centres. Ils ont affirmé ne pas compter rentrer chez eux ni aujourd’hui ni le jour d’après.

A Alger, des milliers de manifestants marchent contre le scrutin en cours. Les forces de l’ordre sont postées sur le terrain pour empêcher les rassemblements mais leur présence ne semble guère dissuader les manifestants.