Des gènes de Néandertal dans notre ADN !

Contrairement aux Homo sapiens d’ascendance africaine qui ont peu ou pas d’ADN de Néandertal, les humains actuels d’origine européenne ou asiatique ont hérité en moyenne de 1 à 3 % du génome de leurs cousins, dont l’espèce s’est éteinte il y a environ 30 000 ans.

Contrairement aux Homo sapiens d’ascendance africaine qui ont peu ou pas d’ADN de Néandertal, les humains actuels d’origine européenne ou asiatique ont hérité en moyenne de 1 à 3 % du génome de leurs cousins, dont l’espèce s’est éteinte il y a environ 30 000 ans. La raison est bien simple : il n’y a pas eu de croisement entre Homo sapiens d’ascendance africaine, qui vivait en Eurasie, et leurs ancêtres.

Selon une étude publiée mercredi 29 janvier, dans la revue américaine Science, si l’on met bout à bout tous les morceaux d’ADN néandertalien éparpillés dans les individus d’origine européenne ou asiatique, ce serait au total 20 % du génome de Néandertal qui subsisterait globalement dans les populations modernes. La revue britannique Nature a, le même jour, publié une autre étude sur l’héritage de Néandertal, menée par David Reich (Université Harvard, Etats-Unis). Avec ses collègues, il a analysé les variations génétiques de 846 personnes d’ascendance non-africaine, 176 personnes d’Afrique sub-saharienne et d’un Néandertalien vieux de 50 000 ans, dont la séquence du génome a été publiée en 2013.

Les deux équipes ont trouvé, malgré des travaux séparés et des méthodes différentes, de grandes régions du génome moderne non-africain dépourvues d’ADN néandertalien, et d’autres où, à l’inverse, l’héritage de l’homme de Néandertal était plus riche que prévu. Selon ces chercheurs, cette répartition serait le résultat de la sélection naturelle : l’homme moderne aurait évincé de son patrimoine génétique les éléments de l’homme de Néandertal qui lui étaient « nuisibles ». En revanche, ce qui subsiste de Néandertal a dû apporter un avantage adaptatif.

Les deux études citent en particulier l’héritage dans les gènes qui influencent les caractéristiques de la peau. Selon David Reich, « c’est tentant de penser que les Néandertaliens étaient déjà adaptés à un environnement non-africain et ont transmis cet avantage génétique à l’homme ». Son équipe a ainsi montré que l’hérédité de Néandertal est plus marquée dans les gènes liés à la kératine, une protéine fibreuse qui confère à la peau sa résistance, aux cheveux et aux ongles et permet une meilleure protection dans des environnements plus froids, écrit Le Monde.

Selon l’équipe de David Reich, des mutations génétiques connues pour être associées à des caractères spécifiques chez Homo sapiens pourraient aussi trouver une origine chez l’homme de Néandertal. Ce serait le cas pour des maladies à composante génétique, comme le diabète ou la maladie de Crohn.