Des émirs pour exploiter le pétrole tchadiens

Le Tchad se tourne vers les Emirats arabes unis pour développer son secteur pétrolier. En cours de négociations, ces collaborations enrichiraient, encore un peu plus, les relations diplomatico-commerciales entre les deux pays.

Le Premier ministre tchadien, Nagoum Yamassoum, en visite privée aux Emirats arabes unis, a rencontré des investisseurs potentiels pour son secteur pétrolier, nous apprend le quotidien Gulf News.

Après la concrétisation, en novembre dernier, du projet du très controversé pipeline, entre le Tchad et la côte camerounaise, le pays se lance dans l’exploitation de ses ressources pétrolières estimées à un peu plus d’un milliard de barils, selon le chef du gouvernement.

Des relations économiques et diplomatiques

Avec une prochaine raffinerie de 5 000 barils normalement opérationnelle en 2002 près du lac Tchad et la découverte, au même endroit, d’un gisement de gaz, le pays a besoin de nouveaux partenaires pour s’occuper de ces richesses naturelles. Les Emirats Arabes Unis occupent une place de choix dans le carnet de bal des prétendants .

Aujourd’hui, en effet, le Tchad exporte bétail, coton et caoutchouc aux Emirats en échange de leur pétrole. Demain, peut-être sera t-il moins dépendant de ses actuels fournisseurs pour ses besoins énergétiques, mais de nouvelles relations d’affaires voient le jour. Des liens qui trouvent un prolongement diplomatique à en juger par la volonté du Tchad d’ouvrir un consulat à Dubaï.

A côté du consortium Exxon, Chevron et Petronas pour le pipeline transrégional, qui détient 95% des parts du projet, et des autres actions menées par le gouvernement pour son or noir, il reste de la place. Une place que N’Djamena souhaiterait bien attribuer à ses pairs de Khartoum.

Les récents déboires du pays face au rééchelonnement de sa dette avec la Banque mondiale, et les frayeurs que cette même banque lui aura faite avec ses grosses réticences quant au financement du pipeline semblent loin.

Le Tchad reprend du poil de la bête. Mais sa cote ne reste pas bien haute chez certains bailleurs de fonds, quelque peu regardants sur la gestion des capitaux dégagés par son activité économique. De l’argent dont programmes sociaux et lutte contre la pauvreté ne voient pas souvent la couleur.