Des capotes pour l’Afrique

La jeune association Africapote, née en France fin 2002, a pour objectif de promouvoir l’usage du préservatif sur le continent africain. Pour se faire connaître et défendre ses idées, elle présente sur le Net des cartes sur la situation de la pandémie en Afrique.

Vincent Magimel-Pelonnier n’est pas resté indifférent au discours du Pape au Rwanda en 1993, appelant les Africains à la chasteté pour lutter contre la propagation du sida.  » C’était comme leur dire : c’est la chasteté ou rien, comme s’il ne restait que ce choix, à défaut d’une vraie protection efficace ! A l’époque, je pensais qu’il y aurait des organisations pour s’occuper de distribuer des préservatifs sur le continent. Dix ans plus tard, j’ai vu que quasiment rien n’avait été fait, que les dégâts avaient pris de l’ampleur et qu’en France ou en Europe, personne n’en parlait au grand public.  »

Vincent, qui travaille dans le secteur de l’informatique, décide alors de créer, fin 2002, une association pour  » promouvoir l’usage du préservatif sur le continent africain  » : Africapote. Avec une référence au célèbre slogan de SOS-Racisme,  » Touche pas à mon pote « , l’idée directrice de l’association c’est  » Une pour toi, une pour ton pote « .

Les cartes du sida

Rapidement, un site Internet se met en place, en janvier 2003 (Il ne fonctionne plus à partir de 2007). C’est aujourd’hui le principal outil de communication de l’association basée à Bordeaux (sud-ouest de la France).  » Le site permet d’aller vers les gens qui ne nous connaissent pas et de communiquer facilement avec nos membres et ceux qui nous soutiennent « , explique Vincent. Sur le site, on trouve donc des données générales sur le sida en Afrique et des cartes développées par l’association à partir de données collectées auprès de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Onusida.  » C’est difficile d’avoir des chiffres précis et totalement fiables mais nos cartes donnent une image des ravages du sida en Afrique. Nous espérons les améliorer prochainement en les animant et en les rendant encore plus informatives.  »

Ces données vont permettre à la jeune association de  » convaincre les gens du problème. Notre idée est d’aller voir les fabricants français de préservatifs et de leur proposer des concepts marketing un peu rigolos comme des séries spéciales illustrées. Une partie des bénéfices de la vente serait alors reversée à des associations locales et servirait à financer l’envoi de préservatifs ou des programmes de sensibilisation dans certains pays.  » En attendant, Africapote, qui compte aujourd’hui une trentaine de membres et qui attire chaque jour un peu plus de monde, organise de  » petites actions ponctuelles « . Comme l’envoi récent de 300 préservatifs féminins au Togo et, prochainement, la traduction d’une bande-dessinée sur l’usage du préservatif en dialectes d’Afrique de l’Ouest.